David

  • D'un côté Claire, sympathisante des milieux nationalistes basques ; de l'autre, Ygal, agent du Mossad.

    La description des relations entre Claire et Ygal joue sur les correspondances, comme un jeu de miroirs qui oscille entre sensualité et onirisme.

    Ygal surgit dans la vie de la jeune femme. Il est là en mission, doit la séduire. Rien n'est plus fragile que la faculté de Claire d'admettre la réalité et elle ne tardera pas à être saisie par la passion amoureuse.

    Et puis tout semble limpide, tandis que la petite histoire rencontre la grande, de l'Espagne à la France et Israël en passant par la Crète : les identités sont claires, les rôles établis, les vérités vraies.

    Sauf que le réel est double et que, jusqu'au dernier instant, dans ce livre à mi-chemin entre le polar et les fragments d'un discours amoureux avec, en arrière-plan, l'Histoire - celle notamment des Juifs du pays Basque - toujours le même renversement : ce que nous tenions depuis le début pour objectif devient, au fur et à mesure, factice.

    Qui est Claire ? Sa naissance ne relègue-t-elle pas, en filigrane, une situation plus étrange que sa vie ordinaire pourrait le laisser penser ?

    Jusqu'à la dernière page, nous sommes pris par cette palpitante intrigue, à la recherche de la pièce manquante d'un puzzle éclaté, jusqu'au moment de l'aube où surgit la clarté.

  • Le député décapité

    Claude Forand

    Au cours d'une fête organisée pour ses 30 ans de service dans la police, le sergent-détective Roméo Dubuc apprend que le populaire député Marc-André Plamondon vient d'être assassiné, d'une manière sordide, le soir même de la fondation de son nouveau parti politique, le PLIQ.

    Très vite, Roméo Dubuc, son fidèle comparse Lucien Langlois et la journaliste Manon Pouliot découvriront que la popularité du député dérange bien du monde, à commencer par ses proches collaborateurs. Dans ce milieu d'intrigues, de trafic d'influence et d'argent sale, le tenace détective ne ménage aucun effort pour faire aboutir l'enquête. Mais pourquoi diable a-t-il l'impression que le mauvais sort s'acharne sur lui et qu'on ramène dans sa vie des fantômes du passé?

  • Jacqueline Landy poursuit dans ce polar l'intrigue qui soutenait le premier tome de la série, Terreur dans le Downtown Eastside, en remettant en scène un psychopathe qui terrorise la région de Vancouver. Elle nous fait voir, ce faisant, toute la détresse qui imprègne la ville, celle des toxicomanes et des prostituées, des revendeurs de drogue et des tueurs en série, mais aussi celle des premiers répondants qui tentent de les aider.

  • Bon à tirer

    Jean Bellaïche

    Bon à tirer est un quartet de personnages funestes, auquel se joint, au dernier acte du drame, un ange de la mort, incarné dans le corps juvénile d'un auto-stoppeur italien.
    Personnage qui n'est pas sans rappeler celui, mystérieux et d'une étrange beauté, qui s'immisce dans une riche famille milanaise et entretient des rapports sexuels avec chaque membre de la famille, changeant radicalement la vie de chacun, dans Théorème de Pasolini. Bon à tirer n'est ni un polar ni un roman noir selon la définition classique du genre. Le ressort dramatique de Bon à tirer délaisse le récit rationnel et organisé d'une enquête policière au profit de l'élégance du style et d'une minutieuse et virtuose investigation psychologique des personnages.
    Les circonstances du crime se dévoilent à travers les tensions et les rapports de force sentimentaux entre les protagonistes. La description implacable de la cruauté des rapports interpersonnels et sociaux dans les hautes sphères du pouvoir a rarement atteint ce degré de maestria. La mise à nu de l'hypocrisie et du cynisme de la bonne société annonce par son attachement à un formalisme timoré et trompeur, l'arrivée de la tyrannie du « politiquement correct ».
    Lorsqu'un coup de feu retentit dans une luxueuse villa du Cap Ferrat, l'écran de la bienséance se brise.

  • Six victimes en douze mois. Des prostituées sont retrouvées sans vie sur la voie ferrée où passe le West Coast Express. Un tueur en série rôde et sème la terreur à Vancouver dans le Downtown Eastside, l'un des quartiers les plus pauvres et les plus criminalisés en Amérique.
    À travers des récits entrecroisés, gravitent une galerie de personnages aussi marginaux qu'attachants : Raymond, un sans-abri qui pousse son panier inlassablement pour fuir ses démons, Jarod, le chef de gang sans pitié, traqué par la police, Sylvia, Inga et plusieurs filles qui vivent dans un climat de violence permanente... entre les clients et la drogue.
    Au coeur de cette tourmente, Rachel, son mari François, policier de la GRC, et leur fille Sophie cherchent à trouver leurs repères dans leur nouvelle province d'adoption et verront leur vie transformée de façon irréversible.

    Au rythme des allées et venues du train de banlieue dont le cri se répercute dans la nuit, ce roman, à la fois dur et émouvant, nous plonge au coeur d'une profonde détresse sociale et humaine.

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