• La vie des jeunes filles

    Olivier Bardolle

    Depuis la première guerre mondiale, la société occidentale n'a eu de cesse d'étendre son empire en profitant au mieux de la chaotique et irrésistible aventure de la mondialisation. Dans cet effort d'extension infatigable, elle a aussi accouché d'un monstre : la jeune fille. Celle-ci, élevée au rang de concept, symbolise aujourd hui de manière paroxystique le consommateur. Devenue en peu de temps un être parfait, et surtout parfaitement adaptée à son temps, la jeune fille déploie partout sa beauté pornographique, hygiénique et froide sans rencontrer de résistance. Elle triomphe dans l'inconscient collectif universel pour lequel elle représente désormais le modèle absolu (le top model). À travers une succession de fragments précis et implacables, Olivier Bardolle, qui se présente lui-même comme « une vieille jeune fille de sexe mâle », l'observe, la dissèque et étudie sa prolifération afin de mieux décrypter les mécanismes subtils de la « jeune-fillisation » de notre société.

  • Dérèglement climatique, attentats, chômage de masse, tensions multiples... bien sûr, ces réalités n'existaient pas « avant ». Parce qu' « avant », comme nous le savons, tout était... tellement mieux.
    Une génération entière aurait-elle perdu la mémoire ? Au mythe du « c'était mieux avant », l'auteur réplique par un essai dynamisant et anticonformiste, qui se penche sur les Trentes Glorieuses pour nous rafraîchir la mémoire.
    Olivier Bardolle nous rappelle à quel point les temps ont toujours été hostiles, tout en soulignant l'importance, pour espèrer des jours meilleurs, de considérer ce qui aujourd'hui, va bien.

  • Après De l'excès d'efficacité des systèmes paranoïaques et Des ravages du manque de sincérité dans les relations humaines, Olivier Bardolle continue d'instruire le procès de l'hypermodernité. Sur un mode imprécatoire, mais non dénué d'humour, l'auteur débusque ici l'homoncule qui sommeille en chacun de nous et rêve de prendre les commandes - un être avide, obsessionnel, égoïste. et surtout indifférent aux désastres qui s'accumulent autour de lui et aux questions essentielles du moment : quelles sont par exemple les limites de la croissance et de la démographie ? (autrement dit : combien d'êtres humains convertis au mode de vie occidental notre planète peut-elle supporter ?) Inspiré de lectures aussi variées qu'abondantes, De la prolifération des homoncules sur le devenir de l'espèce analyse en profondeur le naufrage, qui voit le bar se vider en une frénésie de consommation tandis que le paquebot fait eau de toute part : dévastation écologique due aux phénoménales proportions, enlaidissement du monde, effondrement des valeurs du savoir-vivre ensemble, guerre des clans, ressentiment général accentué par de nouvelles technologies toujours plus isolantes - entre mille autres maux contemporains.
    Le pire n'est jamais certain, disait-on autrefois, mais il se déploie pourtant chaque jour sous nos yeux. La révolution de nos comportements n'est déjà plus affaire de bonne volonté mais de pressante nécessité. Entre volonté de rigueur et souci de l'urgence, Olivier Bardolle sonne le réveil des consciences.

  • Quand Paul Getty junior déclare que « la fidélité envers une femme n'est concevable que lorsqu'on a échoué dans les affaires », on ne peut s'empêcher de sourire malgré la brutalité du propos. C'est sans doute parce qu'une certaine vérité, fondée sur l'expérience, s'allie à l'outrance pour nous inciter à ne pas nous prendre trop au sérieux, y compris dans nos si bouleversantes « histoires d'amour ». La littérature cynique, parfumée à l'eau de rose, suscite toujours la bonne humeur. Sacha Guitry, le Prince de Ligne, Jules Renard, Tristan Bernard mais aussi Oscar Wilde, Balzac, Céline, Léautaud, ou plus près de nous Coco Chanel, Serge Gainsbourg ou Karl Lagerfeld, tous ont développé un certain esprit français, mordant et drôle, leur permettant de garder le sourire en toutes circonstances. C'est ce que l'on appelle le cynisme élégant. Celui-ci résiste à tout, y compris aux catastrophes sentimentales.
    Ce méchant petit livre, agrémenté de nombreuses citations, s'avérera un joyeux compagnon pour ceux et celles qui, en proie à un violent chagrin d'amour, se demandent, éperdus et hagards, « comment ils en sont arrivés là ».

  • La vie des hommes

    Olivier Bardolle

    Ce livre termine le cycle d'observation du monde contemporain occidental, commencé il y a dix ans. Il décrit une décennie de bouleversements profonds avec l'explosion des nouvelles technologies et des problèmes écologiques. Il analyse l'évolution des moeurs, des valeurs, de la sexualité, du langage ou de la notion de différence.

  • En Occident, depuis près d'un demi-siècle, les idées progressistes tiennent le haut du pavé.
    Il semblerait pourtant que l'on redécouvre aujourd'hui certaines vertus à la pensée réactionnaire. Ne serait-ce qu'une capacité de résistance certaine aux ravages de l'hypermodernité et aux bienfaits immodérés de la pensée unique. Sans tomber dans le manichéisme propre à l'époque, ce petit traité, particulièrement tonique, dénonce les fausses valeurs avec jubilation et poussera chacun, qu'il se prétende de droite ou de gauche, à réviser son catéchisme idéologique.
    C'est ainsi qu'Eric Naulleau, réputé de gauche, n'a pas hésité à préfacer ce texte en toute indépendance d'esprit. A lire sans modération

  • Dans cet essai aussi vigoureux que concis, Olivier Bardolle expose, textes à l'appui, une thèse iconoclaste : À la recherche du temps perdu et Voyage au bout de la nuit constituent les chants du cygne de la grande littérature française à vocation universelle. Ces deux textes nous parlent de la fin d'un monde, à des moments différents, dans une langue hypnotique pour Proust et dans une langue hallucinée pour Céline. Qu'y a-t-il après Proust et Céline ? Que peut-on lire sérieusement après eux ? Ou plutôt, comme pourrait le suggérer Céline : "qu'est-ce qui est encore lisible ?" Un nom s'impose, car non seulement cet auteur est lisible, mais il est le seul lisible après Proust et Céline : il s'agit de Michel Houellebecq. Lui seul aujourd'hui prend son lecteur et ne le lâche plus, sans rien lui épargner de la débâcle des temps. Lui seul reflète l'époque avec la même justesse que Proust et Céline relatèrent la leur en leur temps, jusqu'à l'incarner. Une illustration plutôt qu'une défense de l'auteur des Particules élémentaires ici élevé à la dignité de "grand consécrateur de l'ère du vide".

  • La mort d'Edmond Safra, propriétaire de la Republic National Bank of New York, survenue à Monaco le 3 décembre 1999, sert à Olivier Bardolle de point de départ à une réflexion originale et percutante sur les sociétés contemporaines. Le richissime banquier, barricadé dans son appartement conçu sur le modèle d'un coffre-fort, a en effet succombé à un excès de précautions : faute de pouvoir pénétrer dans la salle de bains équipé d'une
    porte blindée, les pompiers ne sont pas arrivés à temps pour le ranimer. Avec ironie et élégance, l'auteur de La Littérature à vif (L'Esprit des péninsules, 2004) dresse le tableau très complet d'une planète soumise aux ravages
    de l'efficacité, où, du bureau jusqu'à l'alcôve (voir le chapitre intitulé "Amour, pornographie et sentiment...), en passant par l'assiette, la rue et le loisir, règne la peur au détriment du désir, où l'homme moderne est transformé en pur consommateur, où le combattant cède place à la victime, où les psychotropes s'efforcent d'endiguer la montée du mal-être et des dépressions.
    Olivier Bardolle a précédemment fait paraître aux éditions Ramsay Mon réveillon avec le dernier des chiens et Le Monologue implacable.

  • À la manière d'un La Bruyère du temps présent, Olivier Bardolle continue de dresser le portrait des caractères contemporains. Après avoir abordé le thème de la peur dans De l'excès d'efficacité des systèmes paranoïaques et en attendant d'évoquer celui de la résignation dans De la prolifération des homoncules sur le devenir de l'espèce (à paraître en 2007), l'auteur donne ici le volet central de son triptyque avec Des ravages du manque de sincérité dans les relations humaines. Tout en reconnaissant que l'humanité ne résisterait pas à une semaine de franchise totale, Olivier Bardolle s'attache au fonctionnement d'une société, la nôtre, pour laquelle le réel est devenu un produit de luxe, très au-dessus de ses moyens. Sous le règne advenu du simulacre et de la simulation, les humains ne parviennent plus à communiquer que sur le mode de l'insincérité.

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