Littérature générale

  • Auteur iconoclaste à l'humour dévastateur, Friedrich Dürrenmatt (1921-1990) est unanimement reconnu comme l'un des maîtres de la prose allemande contemporaine. D'abord célébré comme dramaturge, il se révèle également un romancier singulier, jouant avec les codes du roman noir pour creuser les thèmes de la corruption et de la culpabilité qui hantent toute son oeuvre.
    Ses héros anticonformistes s'engagent dans des combats sans merci pour dévoiler la vérité, tels l'inspecteur Matthieu qui quitte la police et se lance sur les traces d'un meurtrier d'enfants dans La Promesse ou le commissaire Baerlach qui se fait interner dans une maison de santé pour démasquer un médecin soupçonné d'être un ancien nazi dans Le Soupçon.
    A l'occasion du centenaire de la naissance de Dürrenmatt, ce recueil, préfacé par Amélie Nothomb, réunit quatre de ses plus grands romans - La Promesse, La Panne, Le Juge et son bourreau et Le Soupçon -, des petits chefs-d'oeuvre explosifs d'une extraordinaire modernité.

  • « Nous ne vivons plus sous la crainte d'un Dieu, d'une justice immanente, d'un Fatum comme dans la Cinquième Symphonie ; non ! plus rien de tout cela ne nous menace. » Notre monde n'est plus hanté que par des pannes. Pannes de voiture, par exemple, comme celle de la Studebaker d'Alfredo Traps, un soir, au pied d'un petit coteau...
    Et voilà comment ce sympathique quinquagénaire rencontre ce jour-là son Destin, charmant vieux monsieur qui l'invite à passer la nuit chez lui. Juge à la retraite, celui-ci passe d'excellentes soirées, en compagnie de ses amis, l'avocat et le procureur, à reconstituer de vrais procès.
    Celui d'Alfredo Traps commence comme un jeu...

    La Panne, ce chef-d'oeuvre d'humour noir, a été porté à l'écran en 1972 par Ettore Scola, sous le titre La Plus Belle Soirée de ma vie.

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  • Lorsqu'elle retourne à Güllen après une longue absence, Claire est prête à sortir le bourg de sa misère financière. Mais elle demande un prix, son propre prix : la vieille dame veut régler son compte à Alfred, son ancien amant qui l'avait éconduite après l'avoir mise enceinte... La Visite de la vieille dame est la pièce de Dürrenmatt la plus jouée au monde.

  • Friedrich Dürrenmatt Le Juge et son bourreau Dans un petit bourg helvétique, un policier modèle est retrouvé assassiné. Baerlach, un vieux commissaire malade, amateur de cigares, de vodka et de bonne chère, enquête sur cette mort, tout en luttant contre la sienne qui s'annonce prochaine. Son supérieur cherche à ménager la susceptibilité des notables locaux, tandis que son adjoint, petit flic un rien minable mais dévoré d'ambition, tente de jouer ses propres cartes. Dans l'ombre, le meurtrier, genre Méphistophélès, disserte sur le bien et le mal, qu'il tient pour étant de possibilités égales...
    Comme dans La Panne, Le Juge et son bourreau se déploie sur fond d'intrigue policière. Mort et maladie forment un diptyque tragique où se reflète la dérisoire pantomime de la comédie humaine.

  • Friedrich Dürrenmatt La Promesse Autopsie d'un meurtre. La Promesse fait l'anatomie d'une idée Þxe. Tout en perpétuant la tradition du roman policier en tant que genre intellectuel, où la vie ressemble à un problème arithmétique, et où la solution de l'énigme s'obtient par un raisonnement logique, Dürrenmatt place sur l'échiquier une pièce lunatique, double et trouble : son détective a résolu le crime par l'intelligence ; pour mettre la main sur le coupable, il choisit la folie comme méthode et son raisonnement est simple : « Je ne sais rien de l'assassin. Il m'est impossible de le rechercher. Ce que je peux chercher par contre, c'est sa prochaine victime. » Le détective mettra toute son énergie au service de son idée Þxe, faisant de sa vie entière le décor d'une pièce - d'un piège ? - qui n'attend plus que le principal acteur, le criminel recherché.
    Linda Lê

  • Les fous de dieu

    Friedrich Dürrenmatt

    • L'arche
    • 31 Janvier 2018

    Dürrenmatt part de cet épisode historique de la révolte de Münster au XVIe siècle et relate avec cocasserie l'échec de cette tentative autoritaire d'établir le royaume de Dieu sur terre. En tournant en dérision cette histoire, il dévoile l'absurdité du christianisme. Il y développe déjà sa future dramaturgie de « la pire tournure possible », avec une ironie acerbe et une désarçonnante lucidité, mettant en garde contre les dérives totalitaires de tout genre.

  • Möbius, un physicien génial, est enfermé dans un asile en compagnie de Newton et Einstein. En réalité, ces trois hommes ne sont pas fous. "Les Physiciens" interroge la place de la science et la responsabilité des savants quant à l'utilisation de leurs découvertes. C'est la pièce de Dürrenmatt la plus connue à travers le monde.

  • Il est écrivain, célèbre prix Nobel, et vient de mourir dans un hôpital. Pendant que le monde littéraire et les présidents d'académies préparent sa nécrologie, l'écrivain se réveille. Spontanément il se rend dans son atelier, là où a commencé sa carrière, pour y mourir en paix. Mais il échoue lamentablement. Pire, tous ceux et celles qui le croisent tombent comme des mouches. Concentré sur sa mort qui n'advient pas, il précipite son entourage dans sa chute mortelle. Une comédie en deux actes où seul le mourant ne meurt pas.

    Cette célèbre pièce de Dürrenmatt a été créée au Schauspielhaus de Zurich le 20 janvier 1966 et maintes fois reprises sur les scènes françaises, entre autres sous la direction de Gabriel Garran et de Georges Wilson. La Visite de la vieille dame, entrée au répertoire de la Comédie française en 2014, et Les Physiciens sont déjà publiées chez L'Arche dans de nouvelles traductions.

  • Librement inspirée de la Danse de mort de Strindberg, Dürrenmatt transforme le drame suédois, qui plongeait le spectateur dans une crise classique de ménage bourgeois, en une comédie grinçante, et met à distance l'oeuvre de son prédécesseur, dégraissée de tout sentimentalisme. Strindberg nous amenait sur un récif perdu, lieu idéal pour concentrer les difficultés du vivre ensemble. Le capitaine Edgar et sa femme Alice mariés depuis vingt-cinq ans souffrent l'un de l'autre, sans possibilité d'évacuer leur frustration par le biais d'autres personnes. Jusqu'à la visite de l'ami Kurt qui, à l'époque, avait aidé le couple à se former.

    Chez Dürrenmatt les trois acteurs échangent leurs méchancetés devant un rideau de velours noir. En mettant l'accent sur l'essentiel, à savoir l'impossibilité de vivre ensemble et en supprimant l'ambiance que l'on trouve chez Strindberg, le jeu prend davantage d'importance. La pièce devient un ring pour acteurs et sa cruauté devient presque drôle.

    Traduit de l'allemand par Hélène Mauler et René Zahnd.

  • A l'heure de la plus grande affluence, dans un restaurant fréquenté par la meilleure société, un
    député zurichois, Isaak Kohler, tire à bout portant sur un professeur d'université. On le condamne
    à vingt ans de réclusion. De sa prison, il fait appel à un jeune avocat désargenté, du nom de Spät
    et le charge de réexaminer l'affaire, mais en considérant, à titre d'hypothèse, que le meurtre a été
    commis par quelqu'un d'autre. La proposition paraît absurde. Le jeune avocat l'accepte cependant,
    pour se retrouver pris au piège d'une Justice fort éloignée de ses idéaux. Et c'est lui, désormais,
    qui voudra tuer pour rétablir la vérité. Le récit joue sur la possibilité de l'acquittement du député,
    de nombreux meurtres et suicides d'autres personnages et l'assassinat final de Kohler par Spät,
    d'où le titre de l'ouvrage.

  • Cette pièce de théâtre, jouée au Schauspielhaus de Zurich en 1973, met en scène le personnage de Doc, un biologiste de renommée mondiale rétrogradé au rang de chauº eur de taxi en raison de la crise économique. Révolté contre son sort, il découvre une fantastique machine à détruire, la vend à un chef mafi eux, d'où il s'ensuit une vaste escroquerie couverte par le chef de la police, le procureur, un juge et le maire. Tous collaborent. Dürrenmatt, fâché de l'insuccès de la pièce, y ajoute des postfaces brillantes, essais et récits sur le thème de la collaboration qui forment les trois quarts du livre.

  • Retraite (le)

    Friedrich Dürrenmatt

    • Zoe
    • 19 Mai 1998

    Auteurs de délits demeurés impunis, et parvient aisément à les confondre, preuves à l'appui. Mais c'est pour les laisser courir. Mieux, il entreprend un cambriolage en compagnie de deux d'entre eux. Le commissaire est-il devenu criminel ? Tout au contraire, on comprend bientôt que chacun de ses actes, si stupéfiant soit-il, est inspiré par la compassion pour les hommes et la passion de la justice - la vraie, pas celle des commissariats et des prétoires.
    Une telle passion, la société ne peut que la contrarier, de toute son inertie et de toute sa violence. Plus les causes défendues par le commissaire seront nobles et vitales, plus il lui sera difficile de les faire triompher. C'est ainsi qu'il va se trouver pris au piège d'une affaire tragique où son courage et son intelligence risquent bien d'être écrasés par la sempiternelle coalition des intérêts, des ambitions et des bienséances.
    Dürrenmatt n'a pas achevé ce roman. Mais la puissance de l'auteur est là tout entière, et son audace, et son humour. Brusquement interrompu, comme étranglé par le silence, son cri de révolte n'en est que plus déchirant.

  • Questions que lui posaient les interlocuteurs les plus divers, journalistes ou confrères. Il a raconté son enfance, son expérience de la guerre, ses voyages, ses maladies. Il a parlé littérature, peinture, théâtre ou politique. La richesse et l'originalité de ses propos justifient largement qu'après sa mort on les mette à la disposition des lecteurs, qui découvriront dans ces pages un très grand témoin du siècle qui s'achève.

  • Correspondance

    ,

    • Zoe
    • 1 Septembre 1999

    Les noms de Max Frisch (1911-1991) et Friedrich Dürrenmatt (1921-1990) résument presque à eux seuls la littérature suisse de ce siècle, ou tout au moins de sa seconde moitié, aussi bien dans le domaine du roman que dans celui du théâtre.
    Homo faber ou Andorra de Max Frisch, La Panne ou La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt ont été lus ou vus dans le monde entier, et sont désormais des classiques.
    Frisch et Dürrenmatt, ces deux grands écrivains que l'opinion publique et la critique, en dépit de leurs différences, ont parfois voulu rapprocher jusqu'à les confondre, ont mené un dialogue épistolaire où s'affirment avec force leurs personnalités irréductibles.
    Ce dialogue va durer près de quarante ans (de 1947 à 1986), mais sera coupé de longs silences, souvent éloquents.
    Frisch et Dürrenmatt s'admirent et s'estiment. Ils se lisent mutuellement, avec une remarquable attention. On les voit cependant manifester leurs réserves autant que leur approbation : il s'agit pour eux de marquer leur territoire littéraire, de se définir au miroir d'autrui.
    Cette correspondance erratique, à la fois intense et détachée, désinvolte et grave, qui par moments devient tendue et presque hostile, nous permet d'approcher deux personnalités, et deux visions du monde.
    Elle nous révèle l'homme Frisch, l'homme Dürrenmatt, et leur humaine rivalité. Mais elle jette aussi, sur leurs oeuvres, une lumière singulière.
    Cette correspondance est précédée d'un brillant essai de Peter Rüedi, familier de l'oeuvre des deux grands écrivains, qui brosse leurs portraits contrastés, et rappelle les circonstances (personnelles, historiques et politiques) de leur échange épistolaire.

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