Zoe

  • La panne

    Friedrich Dürrenmatt

    L'histoire a l'évidence des grandes paraboles. Un voyageur de commerce tombe en panne. Comme le seul hôtel du village affiche complet, on lui suggère de loger chez un particulier. Dans cette villa d'apparence banale, quelques vieux messieurs se réunissent pour pratiquer un jeu : la justice. Il y a là un juge, un procureur, un avocat et même un bourreau, tous à la retraite. Ils proposent à Alfredo Traps, leur hôte d'un soir, d'endosser le rôle de l'accusé. Grisé par la bonne humeur ambiante et par le repas joyeusement arrosé, le visiteur se laisse alors entraîner dans un engrenage redoutable.
    Le destin d'Alfredo Traps a tellement occupé Dürrenmatt qu'il l'a traité sous trois formes : un récit, un texte théâtral et une oeuvre radiophonique. C'est cette dernière version qui est ici publiée pour la première fois en français.

  • Cette pièce de théâtre, jouée au Schauspielhaus de Zurich en 1973, met en scène le personnage de Doc, un biologiste de renommée mondiale rétrogradé au rang de chauº eur de taxi en raison de la crise économique. Révolté contre son sort, il découvre une fantastique machine à détruire, la vend à un chef mafi eux, d'où il s'ensuit une vaste escroquerie couverte par le chef de la police, le procureur, un juge et le maire. Tous collaborent. Dürrenmatt, fâché de l'insuccès de la pièce, y ajoute des postfaces brillantes, essais et récits sur le thème de la collaboration qui forment les trois quarts du livre.

  • Retraite (le)

    Friedrich Dürrenmatt

    • Zoe
    • 19 Mai 1998

    Auteurs de délits demeurés impunis, et parvient aisément à les confondre, preuves à l'appui. Mais c'est pour les laisser courir. Mieux, il entreprend un cambriolage en compagnie de deux d'entre eux. Le commissaire est-il devenu criminel ? Tout au contraire, on comprend bientôt que chacun de ses actes, si stupéfiant soit-il, est inspiré par la compassion pour les hommes et la passion de la justice - la vraie, pas celle des commissariats et des prétoires.
    Une telle passion, la société ne peut que la contrarier, de toute son inertie et de toute sa violence. Plus les causes défendues par le commissaire seront nobles et vitales, plus il lui sera difficile de les faire triompher. C'est ainsi qu'il va se trouver pris au piège d'une affaire tragique où son courage et son intelligence risquent bien d'être écrasés par la sempiternelle coalition des intérêts, des ambitions et des bienséances.
    Dürrenmatt n'a pas achevé ce roman. Mais la puissance de l'auteur est là tout entière, et son audace, et son humour. Brusquement interrompu, comme étranglé par le silence, son cri de révolte n'en est que plus déchirant.

  • Questions que lui posaient les interlocuteurs les plus divers, journalistes ou confrères. Il a raconté son enfance, son expérience de la guerre, ses voyages, ses maladies. Il a parlé littérature, peinture, théâtre ou politique. La richesse et l'originalité de ses propos justifient largement qu'après sa mort on les mette à la disposition des lecteurs, qui découvriront dans ces pages un très grand témoin du siècle qui s'achève.

  • Correspondance

    ,

    • Zoe
    • 1 Septembre 1999

    Les noms de Max Frisch (1911-1991) et Friedrich Dürrenmatt (1921-1990) résument presque à eux seuls la littérature suisse de ce siècle, ou tout au moins de sa seconde moitié, aussi bien dans le domaine du roman que dans celui du théâtre.
    Homo faber ou Andorra de Max Frisch, La Panne ou La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt ont été lus ou vus dans le monde entier, et sont désormais des classiques.
    Frisch et Dürrenmatt, ces deux grands écrivains que l'opinion publique et la critique, en dépit de leurs différences, ont parfois voulu rapprocher jusqu'à les confondre, ont mené un dialogue épistolaire où s'affirment avec force leurs personnalités irréductibles.
    Ce dialogue va durer près de quarante ans (de 1947 à 1986), mais sera coupé de longs silences, souvent éloquents.
    Frisch et Dürrenmatt s'admirent et s'estiment. Ils se lisent mutuellement, avec une remarquable attention. On les voit cependant manifester leurs réserves autant que leur approbation : il s'agit pour eux de marquer leur territoire littéraire, de se définir au miroir d'autrui.
    Cette correspondance erratique, à la fois intense et détachée, désinvolte et grave, qui par moments devient tendue et presque hostile, nous permet d'approcher deux personnalités, et deux visions du monde.
    Elle nous révèle l'homme Frisch, l'homme Dürrenmatt, et leur humaine rivalité. Mais elle jette aussi, sur leurs oeuvres, une lumière singulière.
    Cette correspondance est précédée d'un brillant essai de Peter Rüedi, familier de l'oeuvre des deux grands écrivains, qui brosse leurs portraits contrastés, et rappelle les circonstances (personnelles, historiques et politiques) de leur échange épistolaire.

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