Ecole Des Loisirs

  • « Dans Thérèse Raquin, j'ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères. Là est le livre entier. J'ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. Thérèse et Laurent sont des brutes humaines, rien de plus. » Émile Zola

  • L'édition de référence dans une présentation renouvelée. Lecture recommandée en 4 ème par le Ministère de l'Education National. Avril 1884 : les mineurs de la Compagnie d'Anzin, dans le Nord, reprennent le travail après huit semaines de grève : ils n'ont plus rien à manger et n'ont rien obtenu de leurs revendications. Quelques semaines plus tôt, un écrivain est venu leur rendre visite : Emile Zola.
    L'homme a pris des notes, visité les corons, il est même descendu dans la mine. Sous sa plume, Anzin va devenir le Voreux, cette mine où Etienne Lantier trouve un emploi. Le travail est rude, mal payé, la protestation gronde. Lantier prend la tête de la grève...A partir de 12 ans.

  • A la fin du XIXe siècle, la lutte s'engage dans Paris entre le petit commerce et les grands magasins. Parmi ces derniers, le Bonheur des Dames, où tout est mis en oeuvre pour que la cliente succombe à la tentation de l'achat. Selon le mot du baron Hartmann, le financier de l'histoire, à l'une de ces dames : " Prenez garde, ma chère, il vous mangera toutes. " Il en est une, cependant, qui ne se laisse pas manger : Denise ; une nature d'acier sous ses airs timides.
    Elle tient bon et, dans ce Bonheur des Dames qui n'avait rien pour faire le sien, effectue une irrésistible ascension, prouvant qu'il est d'autres empires que celui du profit et qu'on les fonde parfois sur un refus.

  • " Les lendemains de culotte, le zingueur avait mal aux cheveux, un mal aux cheveux terrible qui le tenait tout le jour les crins défrisés.
    Le bec empesté, la margoulette enflée et de travers. Il se levait tard, secouait ses puces sur les huit heures seulement : et il crachait, traînaillait dans la boutique, ne se décidait pas à partir pour le chantier. La journée était encore perdue. Le matin, il se plaignait d'avoir des guibolles de coton, il s'appelait trop bête de gueuletonner comme ça, puisque ça vous démantibulait le tempérament. Aussi, on rencontrait un tas de gouapes, qui ne voulaient pas vous lâcher le coude : on gobelottait malgré soi, on se trouvait dans toutes sortes de fourbis, on finissait par se laisser pincer, et raide ! Ah ! fichtre non ! ça ne lui arriverait plus ; il n'entendait pas laisser ses bottes chez le mastroquet, à la fleur de l'âge.
    Mais, après le déjeuner, il se requinquait, poussant des hum ! hum ! pour se prouver qu'il avait encore un creux. Il commençait à nier la noce de la veille, un peu d'allumage peut-être. On n'en faisait plus des comme lui, solide au poste, une poigne du diable, buvant tout ce qu'il voulait sans cligner un oeil. Alors, l'après-midi entière, il flânochait dans le quartier. Quand il avait bien embêté les ouvrières, sa femme lui donnait vingt sous pour qu'il débarrassât le plancher.
    "

  • La Bête humaine réunit tous les ingrédients du polar : un meurtre (voire plusieurs), du sang, de la violence, une femme fatale, du suspense, des scènes chocs, une enquête avec arrière-plans politiques, notables véreux et magistrats carriéristes... et, bien sûr, au moins un assassin. Nul d'entre ces gredins ne se retiendra de tuer s'il y trouve son compte : l'un le fera par jalousie, l'autre par brutalité, le troisième par intérêt, un quatrième pour se venger ou simplement par bêtise, ou par calcul, ou pour l'argent. Le seul (ou presque) à susciter l'indulgence est le criminel-né, le cheminot qu'affecte un besoin maladif de poignarder une femme. Ce malade trouvera-t-il, dans les délices d'un amour partagé, la force de vaincre la tare héréditaire qui pèse sur lui ? Mérite-t-il d'ailleurs d'échapper à son destin ? C'est toute la question que pose cet épisode très noir du cycle des Rougon-Macquart.

  • " Eh ! ma toute belle, murmura Mme Sidonie en se glissant dans l'ombre de la pièce, mais vous étouffez, ici ! ...
    Toujours vos douleurs névralgiques, n'est-ce pas ? C'est le chagrin. Vous prenez la vie trop à coeur. - Oui, j'ai bien des soucis ", répondit languissamment Renée. La nuit tombait. Elle n'avait pas voulu que Céleste allumât une lampe. Le brasier seul jetait une grande lueur rouge qui l'éclairait en plein, allongée dans son peignoir blanc dont les dentelles devenaient roses. Au bord de l'ombre, on ne voyait qu'un bout de la robe noire de Madame Sidonie et ses deux mains croisées, couvertes de gants de coton gris.
    Sa voix tendre sortait des ténèbres. " Encore des peines d'argent ! " dit-elle, comme si elle avait dit : des peines de coeur, d'un ton plein de douceur et de pitié.

  • En épousant Camille, son cousin souffreteux et sans aucun attrait, Thérèse découvre l'ennui... Elle tombe très vite sous le charme de Laurent, un ami du couple. Les deux amoureux vont rapidement trouver ce mari bien encombrant. L'idéal serait qu'il disparaisse. Alors, pour profiter pleinement de cette passion dévorante, les amants décident de le tuer. Peu à peu, leur projet meurtrier s'affine jusqu'au passage à l'acte sans que jamais les scrupules ne viennent les effleurer. Sauf que... gérer l'après-crime exige de posséder des nerfs d'acier, de la patience et de l'endurance. Faute de quoi, la suite des événements peut mener tout droit en enfer.

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