• Depuis sa publication en octobre 1932, Voyage au bout de la nuit n'a cessé de hanter le cinéma et d'exciter l'imaginaire des producteurs, scénaristes et metteurs en scène. Pourtant, près de 90 ans après, le chef-d'oeuvre de Céline n'a jamais été porté à l'écran, alors que la plupart des grands textes de la littérature l'ont été, y compris À la recherche du temps perdu. Comment l'expliquer ?
    Si Céline romancier concurrençait le langage filmé, s'essaya à l'art du scénario, aimait les plateaux de cinéma et fit même de la figuration dans quelques films (Tovaritch, 1935), on ne compte pas les projets avortés d'adaptation du Voyage. Le plus sérieux reste celui d'Abel Gance, dont subsistent les esquisses d'un scénario. Par la suite, quelques grands noms du 7e Art envisageront de s'y frotter : Julien Duvivier, Pierre Chenal, Claude Autant-Lara, Claude Berri, André Téchiné, Roger Vadim, Louis Malle, Michel Audiard, mais aussi Maurice Pialat, Milos Forman, Emir Kusturica et surtout Sergio Leone qui déclarera : « J'ai fait Il était une fois l'Amérique, je n'ai plus besoin de tourner Voyage au bout de la nuit. » Plus proche de nous, François Dupeyron a planché près de neuf mois sur ce projet, avant que Yann Moix ne rêve à son tour d'un Voyage avec Mathieu Kassovitz et Louis Garrel. Dernier projet en date : une série en huit épisodes, écrite par Tonino Benacquista et tournée par Johan Sfar, qui ne survivra pas à 2017...
    Avec une érudition étourdissante et à l'aide de nombreuses photos, Émile Brami raconte en détail les noces impossibles de Céline et du cinéma. En annexe : la transcription d'un scénario du Voyage improvisé par Céline en 1960, au micro de Jacques d'Arribehaude.

  • Notre crime

    Emile Brami

    • Ecriture
    • 10 Janvier 2018

    L'imposture est son métier.

    Émile Brami, auteur timide et angoissé, vilain canard d'une tribu juive tunisienne haute en couleur, rencontre lors d'une fête de famille le cousin « Azed » - Abraham Zeitoun - que l'on invite encore pour son argent. Azed, consultant d'affaires, a mauvaise réputation : son père est mort de chagrin, sa mère vit dans la honte, ses frères et soeurs lui tournent le dos...
    Azed a besoin d'Émile pour écrire sa propre histoire :
    Celle d'une vocation contrariée. Alors qu'il se destinait à la musique, son père, modeste employé dans un garage parisien, a sacrifié sa vie, jusqu'au dernier sou, pour lui payer des études de droit. Azed s'est soumis à sa volonté.
    Il est devenu avocat dans un prestigieux cabinet. Du moins tout le monde le croyait-il...
    Un jour, Émile est convoqué devant notaire pour l'ouverture du testament d'Azed. Qui lui lègue 60 000 euros et des liasses de documents pour se mettre à l'oeuvre...

  • Amis de la poésie

    Emile Brami

    • Fayard
    • 12 Mars 2008

    A la suite d'un malentendu, j'acceptai de participer à un salon littéraire au château de Pontiac. J'ai beau rêver de gloire, je ne m'attendais pas à une haie d'honneur à la descente du train. Et encore moins à ce qu'elle fût formée par les enfants de l'organisatrice déguisés en scouts vociférants. Cette surprise n'était que le prologue d'une série de mésaventures.Goguenard d'abord, déconcerté ensuite, ahuri enfin, je me laissai guider parmi les diverses manifestations consacrées à la « poésie bruitiste ». Ce que c'était que ce machin-là, je n'en avais aucune idée. Mais la mère des scouts n'allait pas tarder à me l'apprendre.

  • Canaille ! Sauvage ! Aztèque ! Macaque ! Parasite ! Renégat ! Canaque ! Anthracite ! Noix de coco ! Zouave ! Cannibale ! Invertébré !....
    Qui profère ces insultes insolites ? Le colérique capitaine Haddock, en flagrant délit d'éthylisme ? Ou l'irascible Louis-Ferdinand Céline, dans un pamphlet antisémite autocensuré depuis plus d'un demi-siècle ? Les deux, répond Emile Brami dans cet impertinent essai. Car la parution de Bagatelles pour un massacre, en janvier 1938, précède de peu l'invention du célèbre capitaine par Georges Remi, dit Hergé.
    Et tout indique que ce n'est pas le fait du hasard... Là ne s'arrête pas l'" Affaire Haddock ". Entre Hergé et Céline, que de coïncidences... Trajectoires parallèles, idées analogues, amis communs, et jusqu'aux reniements : ces deux monstres sacrés auront tout fait pour être rapprochés, sauf se serrer la main. C'est cette rencontre qu'Emile Brami, auteur d'une biographie de référence (Céline : " Je ne suis pas assez méchant pour me donner en exemple...
    ", Ecriture, 2003), provoque dans ce livre, ouvrant des pistes que Céline et Haddock eussent ensemble traitées... d'iconoclastes !

  • Enquête à Sigmaringen.

    Aujourd'hui, mercredi 3 juillet 1946, j'ai été condamné à mort. » Ainsi commence la confession de Joseph Laborieux, ex-officier de police judiciaire, rayé des cadres en novembre 1944 pour n'avoir pas eu l'intelligence de jouer double jeu sous l'Occupation.

    Comme son collègue Verjus, Laborieux a pourchassé les juifs, les rouges et les « terroristes apatrides » du groupe Manouchian. Mais ce flic irréprochable n'avait en réalité qu'une idée en tête : démasquer le tueur en série qui, depuis 1926, dépose sur les quais de Paris les cadavres de très jeunes femmes vidées de leur sang. Le dernier de ces assassinats s'est produit en mars 1944, sous le Pont-Neuf. Et toujours aucune piste...

    Cinq mois plus tard, Laborieux n'a eu que le temps d'emporter les clichés de ses « Ophélie » dans sa fuite jusqu'à Sigmaringen, où la fine fleur des collabos continue d'espérer la victoire nazie. Et c'est là, un matin de février 1945, qu'une nouvelle victime est retrouvée sur une crique du Danube... Le coupable se trouve donc parmi les quelques centaines d'individus de l'enclave française. L'avancée des Alliés laissera-t-elle à Laborieux le temps de boucler cette enquête devenue son unique raison d'être et, qui sait, sa seule chance de rédemption ?

    Sur les traces d'un enquêteur buté et d'un tueur obstiné, Émile Brami entraîne le lecteur dans les recoins les plus sombres de « Sig », dernier carré des ultras de la Collaboration.

  • Zugwang

    Emile Brami

    Le 8 décembre 2005 à 15 h 07, Élie Ben Itah a soudain basculé dans la vieillesse. Jamais ce libraire parisien, écrivain velléitaire, n'aurait imaginé qu'un jour lui et son épouse Maud, chercheuse en physique, se résigneraient à hospitaliser leur fils Raphaël, qui leur a calmement annoncé son projet de mettre fin à ses jours.
    Une altercation avec un garçon de salle méprisant fait soudain ressurgir en lui tout un " passé de brutalité ", d'humiliations et d'exclusions. Son enfance dans la Tunisie de Bourguiba... La haine inexpiable de son père, trahi par ce fils trop doué pour être studieux... Son calvaire de souffre-douleur, dans la pension française où il vit en banni...
    Se pourrait-il que ce parcours tortueux, telle une confuse partie d'échecs, ait conduit Élie Ben Itah jusqu'au cul-de-sac où s'écrit ce roman - jusqu'à cette situation de zugzwang, " où le meilleur coup serait de ne pas jouer " ? Telle est la question posée par cette enquête intime et obstinée.

  • Art brut

    Emile Brami

    " Ma modeste célébrité d'artiste brut est bien loin de valoir mon renom dans le domaine de la psychiatrie.
    Le fameux monsieur Emile X qui, sans aucun traitement préparatoire, a subi cent vingt électrochocs sur une période de quatorze mois entre 1941 et 1943, le sujet de plusieurs thèses, de près d'une vingtaine de publications ou communications scientifiques, c'est moi. J'aurais été à mon corps défendant un des pionniers de l'électrochoc. J'en porte encore les irréfutables stigmates. " Bègue, manchot, vivant depuis quarante ans dans le pavillon de l'hôpital psychiatrique où il a été soigné pendant la guerre, le " père Mimile " est une énigme.
    A la source de quels cauchemars ce peintre renommé puise-t-il son inspiration ? De quels traumatismes ses toiles témoignent-elles ? Quel rôle le docteur Garrigou a-t-il joué dans son éclosion artistique ? Retranché dans le silence, le peintre laisse ces questions sans réponse. Sous le masque de la folie, " ce cadeau que les dieux font de temps à autre aux hommes pour leur apprendre à regarder autrement le monde ", la vérité d'Emile Lepère reste à percer à jour.

  • Un baiser blanc

    Emile Brami

    Un baiser blanc raconte l'amour d'Eurydice et Gaston.
    Au début des années 70, alors que tout devrait les réunir, le destin s'acharne à les séparer par des événements en apparence dérisoires. Leurs deux récits se succèdent, inspirés par la légende d'Eurydice et d'Orphée. Celui de la jeune femme, morte depuis longtemps, que Gaston devenu écrivain ramène malgré elle dans le monde des vivants, et celui de Gaston qui constate que l'écriture, incapable de réincarner ce qui a disparu, n'est qu'un leurre.
    Court roman très noir, écrit dans une langue ramassée et précise, Un baiser blanc a pour thèmes la solitude absolue dans laquelle vit chacun d'entre nous et l'impossibilité à communiquer avec les autres, y compris, et peut-être surtout, ceux que nous aimons.

  • Les meurtres d'un avocat d affaire et d'un libraire d'ancien, sans doute causés par la réapparition d'un manuscrit inédit de Louis-Ferdinand Céline, contraignent l'inspecteur Raoul Marquis a explorer des univers inconnus de lui : la librairie d'ancien, le monde de l'édition, et celui des passionnés de Louis Ferdinand Céline qui se désignent entre eux par le terme céliniens. Quoique scrupuleusement respectée dans ses codes, la forme du roman policier n'est ici que le prétexte à une critique ironique des mondes de la bibliophilie, de l'édition et du commerce des livres ; elle permet aussi de montrer jusqu'à quelles dérives peuvent aller les fanatiques d'un écrivain.

  • éditeur !

    Emile Brami

    Élie Benarous, écrivain, rencontre Bernard Cisse, entrepreneur cousu d'or. Ce dernier est en train de créer une maison d'édition qui s'appellera Double-Cisse : il propose à Benarous d'en devenir le directeur éditorial.
    Élie accepte et, alors que rien ne l'y préparait, se retrouve confronté aux aléas du métier : cohabitation difficile avec un patron aussi mégalomane qu'imprévisible, rapports conflictuels au sein l'équipe qu'il dirige, avalanche de textes illisibles, face-à-face comiques avec des auteurs suffisants et susceptibles, gestion de circuits de distribution inefficaces, presse goguenarde devant ces nouveaux venus surgis de nulle part... Mais il connaît aussi l'immense bonheur de partir à la recherche de talents ignorés, d'en découvrir quelques-uns et de pouvoir les publier. Comme il se doit, tout finira mal...
    Caricature drolatique et cruelle, plongée à l'intérieur d'un microcosme véhiculant d'innombrables fantasmes, Éditeur ! fera tout à la fois rire et grincer des dents.

  • " Son père lui avait fait une poupée d'un morceau de bois.
    Il l'avait fabriquée dans les derniers temps du ghetto. Maria-de-Kielce se souvenait précisément du jour. C'était celui de l'anniversaire de ses treize ans, le premier qu'elle passait hors de la grande maison... Par un inexplicable et miraculeux concours de circonstances, Maria avait pu dissimuler la poupée lors de son arrivée au Camp. Elle la serrait en bourdonnant une comptine étrange : "Un. Maria a peur...
    Deux. Maria a faim... Trois. Elle tremble... Quatre. Voici les hommes ... " Une mélopée sourde qu'elle avait inventée et qui ne ressemblait à rien ; peut-être que les femelles de certains primates bercent ainsi leur petit dans les cages des zoos, mais qui tend l'oreille pour les écouter ? " Histoire de la poupée est un roman. Celui de Maria, déportée à l'âge de douze ans. L'histoire d'une vie devenue survie.
    Une histoire d'infamie et d'héroïsme, commencée à Kielce, en Pologne, pour s'achever des années plus tard sur une plage de Tunis. L'auteur s'y interroge sur le sens et la valeur de sa démarche, n'éludant aucune des bonnes et des mauvaises raisons pour lesquelles la Shoah est - aussi - devenue un sujet littéraire.

  • Finira-t-on jamais de prendre parti « pour ou contre » Céline ? Celui qu'André Gide appelait le « maboul » s'en est plutôt bien sorti, mais au prix d'une notoriété de Diogène infréquentable, d'imprécateur furieux et de dangereux affabulateur. On en oublierait presque l'écrivain, qui n'a pas d'équivalent, et le style, sans lequel il n'y aurait pas de scandale. Sa noirceur est si dense qu'on n'y distingue plus l'humoriste. Seul demeure l'épouvantail de Meudon, grimaçant à la postérité.Le Céline d'Émile Brami n'est pas un « autre » Céline. Ce n'est ni un essai, ni un plaidoyer, ni un portrait à charge, ni une biographie. C'est Céline tel qu'en lui-même, raconté par ceux qui l'ont connu, par ses romans, par ses pamphlets, par ses lettres, par ses lecteurs. Le « célinien » averti y trouvera un regard neuf, soutenu par une documentation originale ; l'amateur découvrira un être infiniment complexe, individualiste forcené, fantasque, contesté, avec ses passions immenses et ses nombreuses faiblesses.De sa mort en 1961 à sa naissance en 1894, à l'aide de témoignages et de textes rares ou inédits, Émile Brami brosse un Céline à rebours du temps et des lieux communs, tour à tour génial, pitoyable ou hideux : Dr Destouches et Mr Céline, ange et démon de notre littérature... Première édition : « Céline. Je ne suis pas assez méchant pour me donner en exemple... » (Ecriture, 2003) saluée par la presse : « Erudit et enlevé, modeste et indispensable » (Livres Hebdo), « une biographe impressionniste et attachante » (Lire), « tantôt accablant pour l'homme, tantôt éblouissant concernant l'écrivain » (L'Arche).

  • De A comme « Abîmer les fleurs » à Z comme « Zéro » ou l'inévitable « Zizi », en passant par « Grimaces », « (ne pas se) Laver », « Morve », « Roter », « Salir » ou « Vomir en voiture », voici un vrai dictionnaire entièrement dédié à toutes les bêtises ! Un vrai régal de plus de 200 pages ! Elisabeth Brami, auteur jeunesse au savoir-faire reconnu de longue date, l'a composé avec une bonne humeur communicative, avec le concours décisif de l'expert en sourire Emile Jadoul, qui pour la circonstance fait évoluer son graphisme dans un registre plus enlevé, bien adapté à la tranche d'âge des 4/7 ans. Bref, un futur classique à découvrir seul(e) ou en lecture accompagnée et à savourer sans aucune limite !

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