Tinta Blava

  • Chasse a l'ombre

    Villaro Albert


    a llobarca, un petit village frontalier du petit état de somorra, incrusté entre la france et la catalogne, quelques rares maisons sont encore occupées.
    l'une l'est par tomàs, son oncle et ses vaches. la vie du jeune paysan est dominée par les routines rurales dans un monde oú la contrebande locale assure tranquillement son petit négoce. soudain, sa vie bascule : une nuit, il surprend un groupe de trafiquants à la dure sur une piste proche de la ferme. sans le vouloir, mais les doutes sont permis, il lâche les vaches et part affronter des trafiquants féroces, des carabiniers corrompus et des journalistes bavards.
    pour finir oú ? réponse exubérante dans ce thriller de la montagne pyrénéenne.

  • La coupole en fer forgé laissait voir les oiseaux piailleurs qui traversaient le ciel comme les éclairs dans un dessin animé, tandis que, à l'intérieur, les flocons printaniers transportés par l'air se confondaient avec le bois de la jalousie et les feuilles des plantes de tailles et de formes diverses ; créatures à l'acclimatation difficile qui ne pouvaient vivre et pousser qu'à barcelone dans cet espace protégé : palmiers nains du vietnam, plantes grimpantes de nouvelle-zélande, aubes de natal, hortensias d'hiver de sibérie, gardénias de chine, oiseaux de paradis d'afrique du sud, palmiers ventrus des caraïbes, marquises des philippines et, au centre de l'umbracle, à l'endroit le plus protégé de la lumière, kentias d'australie.
    J'ai fermé les yeux, je suis entrée totalement dans cet ensemble d'ombres et de verdure. dans l'obscurité de mes paupières fermées, tout revivait.


  • dans la barcelone de la fin des années 90, l'argent facile est partout, sauf dans les poches de max riera, ancien hippy qui vivote en écrivant.
    mais quand un ancien copain d'école refait surface pour lui proposer d'écrire le scénario d'une série tv bien noire à grands coups de millions, alors max se transforme à son corps défendant en un détective alternatif, à la marge. il va quadriller le monde de la drogue, du sexe, de l'argent et de la mort en quête d'une vérité inattendue. sous l'enquête, pointe le procès de la spéculation immobilière sans les pesanteurs de la démonstration.
    relax, max ! car qui tient l'oseille tient le manche.

  • Je savais qu'il était mort et que je ne l'aurais plus jamais à mes côtés, parce que la guerre c'est le mal qui se vautre sur la terre pour la laisser couverte de serpents, et de feu, et de couteaux la pointe en l'air.
    Et moi, j'allais pieds nus, avec mes enfants sans rien d'autre que mes yeux ouverts. je n'avais même pas un vêtement de deuil parce que mon mort n'était pas comme les autres ; c'était un assassiné qu'il faut oublier tout de suite et, devant son nom, il faut fermer les paupières et les bouches avec du ciment bien épais. je savais qu'il faisait partie de ces morts-là.

  • " [...] ecrit par un témoin du camp des vaincus, il ne contenait aucun message politique et ne se laissait nullement aller à une exaltation partisane facile.
    j'y retrouvais cette même douleur face à la destruction irrémédiable qui me touchait dans le recueil de poèmes " les nuages " de luis cernuda, une douleur qui survivait aux exercices désuets de propagande de chacun des deux bords : non seulement ceux du roman et de la poésie médiocres, voire misérables, des chantres de la phalange, mais aussi ceux, plus dignes, des auteurs communistes ou républicains.
    le devoir de témoigner de " la vérité contre le mensonge noir et contre le mensonge rouge " dont il parlera ensuite " el vent de la nit " (" le vent de la nuit "), partie ajoutée par l'auteur et faisant corps avec l'oeuvre principale, confère à joan sales la rigueur morale de celui qui ne fonde ses réflexions sur aucune certitude et vit à découvert dans l'absurde du monde, avec son cortège de sang, de mort et d'injustice.
    les héros de " gloire incertaine " - combattants, volontaires ou non, sur le front d'aragon - vivent une situation qui les dépasse et les transforme en pions d'un jeu qu'ils ne maîtrisent pas. leurs souffrance, leurs doute, les héroïsmes, leurs sacrifices, incarnent " the uncertain glory of an april day " qui donne au livre son titre. joan sales ne tombe pas dans le piège du témoignage mélodramatique ni dans l'illusion lyrique dont souffrent la plupart des romans de guerre.
    voilà pourquoi la force de " gloire incertaine " survit à l'épreuve du temps et pourquoi on peut lire aujourd'hui ce récit avec cette même intensité qui a présidé à son écriture [...] "

  • Rue des camelias

    Mercè Rodoreda

    Il a écrit cecilia et au moment oú il allait l'écrire une seconde fois une fenêtre s'est ouverte à la volée et il a pris peur.
    Le crayon lui est tombé des mains et il n'a pas pu le retrouver. ii m'a enlevé l'épingle, les bouts de ses doigts se sont mouillés à la bave du bavoir, et il a accroché ensemble le bavoir et le papier. ne voyant personne il m'a bercée un instant, il m'a dit tout bas : cecilia, et j'ai ri. alors il a sonné et m'a donnée. pendant qu'il se déshabillait, sa femme s'est réveillée et lui a demandé pourquoi il rentrait si tard.
    Il lui a dit qu'il avait trouvé une petite fille. elle lui a demandé : oú ? il lui a dit : dans la rue des camélias, vers le milieu de la rue, au pied d'une grille avec tout plein de camélias. sa femme avait l'air de ne pas vouloir le croire et il a dû le lui répéter, bien posément, qu'au petit jour, à côté de camélias, il avait trouvé une fillette comme un petit chat et qu'elle s'appelait cecilia. un destin de femme traversant violemment les frontières géographiques et sociales de barcelone.
    Par mercè rodoreda, "un écrivain de dimension universelle" (gabriel garcia marquez).

  • Le bureau était vide ; je veux dire qu'il n'y avait plus un seul meuble.
    Sur le mur, des taches plus claires là où, avant, étaient accrochés le graphique et les calendriers. Des feuilles de journaux froissés et graisseux, comme il en reste toujours dans un appartement après un déménagement. L'ampoule de soixante watts sans abat-jour répandait une lumière amortie qui ricochait sur le jaune paille taché des murs, sur le vert éteint du sol, sur le corps sans vie de Rodergues.
    Le vacarme des voitures qui klaxonnaient en bas, dans la rue Fontanella, résonnait étrangement dans la pièce vide. La porte séparant ce qui avait été le secrétariat-accueil du bureau de Rodergues - où j'avais fait sa connaissance - s'entrouvrait sur cet ensemble en demi-teintes, produisant une tache d'obscurité. En contournant la masse de chair qui gisait à terre avec un trou dans la tête d'où s'écoulait un filet rougeâtre, je me suis approché de la porte.
    L'interrupteur fonctionnait et une ampoule, la soeur-jumelle de l'autre, m'a fait comprendre qu'il n'y avait rien ni personne dans le petit bureau. L'affaire commençait à se gâter.

  • Interrompues en 1907, les fouilles du site de Bibracte ont repris en 1985. Vingt ans après, cet ouvrage fait le bilan des fouilles et de nos connaissances sur la capitale des Eduens.

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