Gallimard

  • «En réalité, j'ai surtout combattu pour sauvegarder ma liberté d'esprit, ma liberté d'écrivain. Il est évident qu'il s'est agi, en grande partie, d'un dialogue de sourds, car les murs n'ont pas d'oreilles et les gens sont devenus des murs les uns pour les autres : personne ne discute plus avec personne, chacun voulant de chacun faire son partisan ou l'écraser [...].
    L'oeuvre d'art doit contenir en elle-même, et cristalliser, une plus grande complexité des débats dont elle est la réponse ou l'interrogation plus ample.» Voici les textes les plus importants de Ionesco sur ses conceptions dramatiques, sa critique des critiques, ses opinions sur le théâtre contemporain, ainsi que ses vues sur l'artiste et l'art en général.

  • Le projet des Registres, à la fois oeuvre des souvenirs et souvenirs de l'oeuvre, tel que Jacques Copeau l'avait envisagé, répondait au besoin de questionner le sens de sa vie et de se racheter du sentiment de «n'avoir produit que des choses périssables, éphémères».
    Les années qui vont de 1929 à la Seconde Guerre mondiale sont marquées par la profonde solitude de Copeau. À mesure que ses projets deviennent irréalisables, son regard sur l'état général du théâtre se fait lucide et incisif. La théorie de Copeau cherche à redessiner la place du théâtre et de ses institutions dans une culture du spectacle qui évolue rapidement (avènement du cinéma parlant et de la radiodiffusion, impulsion de grands mouvements sociaux et politiques culturelles des régimes autoritaires).
    L'ouvrage expose les rapports de Copeau avec la culture italienne des années 1930 - les mises en scène au Mai musical florentin - et revient sur la partie la plus controversée de sa carrière : la direction intérimaire de la Comédie-Française dans les premiers mois de l'Occupation de mai 1940 à janvier 1941. Après ce chapitre amer, de retour en Bourgogne, Copeau réalise en 1943 sa dernière tentative, réussie, d'expérimenter le modèle d'une représentation chorale et rituelle.

  • Les cours de lee strasberg à l'actors studio ont tous été enregistrés.
    Robert h. hethmon - directeur du centre de recherche théâtrale du wisconsin - avait obtenu de lee strasberg la permission de réunir en un volume certains de ses cours les plus marquants. son choix ingénieux nous permet de constater que, bien que strasberg ait une façon très systématique d'aborder la formation de l'acteur, il n'y a pas de règles établies, pas de " méthodes ", contrairement à ce que l'on croit en général.
    Sa passion pour la psychologie de l'individu, son art de s'adapter à la personnalité de chacun et sa profonde connaissance de l'être humain apparaissent à chaque page de ce livre, passionnant non seulement pour les acteurs et les metteurs en scène, mais pour tous ceux qu'intéressent l'art théâtral et la psychologie de l'homme.

  • Le théâtre des idées, publié initialement en 1991 dans la collection Le Messager, témoigne du geste éditorial accompli, il y a vingt-cinq ans, dans l'urgence de la disparition brutale d'Antoine Vitez. Ses amis Georges Banu et Danièle Sallenave savaient l'importance qu'accordait au livre l'homme de théâtre qu'il était et, en procédant au recueil de ses textes essentiels - notes, journaux, entretiens -, ont alors eu la volonté de condenser sa pensée, de la préserver dans son intensité, de lui donner la chance de se constituer en référence pour les gens de théâtre à venir. Le théâtre des idées bénéficie aujourd'hui d'une réédition dans la collection « Pratique du théâtre » et s'inscrit ainsi dans la lignée de la scène française à laquelle Vitez aimait s'associer : Copeau, Jouvet, Vilar.Ce livre restitue la manière propre à Antoine Vitez d'intervenir sur la scène artistique et politique. Ses textes prouvent l'attrait double du monde et du théâtre : il voulait vivre, jouer, écrire, intervenir, partout, inlassablement. L'écrit le consolait de l'éphémère. Le théâtre des idées, c'est le legs, encore vivant, que nous livre cet héritier des Lumières, ce penseur du théâtre toujours en alerte, ce Diderot des temps modernes.Anthologie proposée par Danièle Sallenave et Georges Banu

  • L'acteur rend muet ou enthousiaste. Mais il rend également inapproprié tout discours programmatique autant qu'il interdit toute approche systématique. Pour Georges Banu, il ne s'agit pas de proposer une théorie globale, mais plutôt de formuler un modèle 'mental', le modèle de 'l'acteur insoumis' nourri des expériences biographiques et des données culturelles. Cet acteur, par-delà le rôle, révèle une identité de plateau, identité artistique dont le public saisit la dimension unique. Le livre de Georges Banu invite à faire 'les voyages du comédien', en passant de l'acteur européen à l'acteur oriental, de l'acteur travesti à l'acteur étranger ou à l'acteur âgé. Il convoque et évoque certains des grands interprètes de notre temps, Gérard Philipe, Ryszard Cieslak, Sotigui Kouyaté, Yoshi Oida, André Wilms, Philippe Clévenot, Valérie Dréville, Hugues Quester, Marcel Iures... Ils représentent ces acteurs rares et singuliers qui vont 'au-delà du rôle'.
    Les voyages du comédien est né d'une fréquentation constante des salles et d'une passion pour l'acteur-poète. Livre d'un parcours de spectateur parvenu à son terme, spectateur ayant encore les yeux rivés sur l'acteur vivant qui, tout en interprétant un personnage, témoigne et se révèle depuis les plateaux de théâtre.

  • Ce volume réunit un choix de cours donnés par Louis Jouvet au Conservatoire national d'Art dramatique de novembre 1939 ´r décembre 1940. Se tenant également éloigné de la doctrine et de la recette, Louis Jouvet tentait, par un dialogue incessant avec ses élcves, de leur faire sentir quel doit etre le comportement du comédien dans l'exercice de son métier.
    Sténographiés et fidclement transcrits, les cours qui composent ce volume concernent l'uvre de Molicre et la comédie classique. C'est donc ´r travers les plus grandes sccnes de notre théâtre que Jouvet traite notamment de la diction, de la respiration, de l'interprétation du personnage, de la situation dramatique, de l'état physique et psychologique du comédien... Cet enseignement est destiné, selon les propres termes de Jouvet, ´r éveiller chez l'élcve Tla vision d'un personnage et, en meme temps, la conscience de sa propre sensibilité...t, ´r lui faire découvrir Tcette dualité qui va lui servir ´r établir, d'une part, un procédé d'exécution perfectible et, d'autre part, un moyen de se perfectionner lui-memet.

  • Anthologie proposée et commentée par Georges Banu. Traduction et introduction par Jean-Michel Déprats.

  • Charles Dullin voulait écrire une histoire de l'Atelier. Il avait commencé en traçant les têtes de chapitres et en y joignant quelques notes. La mort l'a empêché de réaliser ce projet qui lui tenait très à coeur. Charles Charras, qui a été son secrétaire pendant les dernières années de sa vie, a rassemblé les textes que Dullin avait été amené à écrire au long de sa carrière.
    Ces textes rédigés, non pas dans une perspective de théoricien mais pour soutenir une lutte ardente, constituent en fin de compte une histoire de son théâtre plus vivante et plus pathétique que ne l'eût été une relation plus logique et plus compartimentée. Il s'en dégage une présence farouche, parfois fanatique mais d'une pureté, d'une allégresse et surtout d'une humilité que seul peut avoir comme animateur celui qui est en même temps un très grand acteur.

  • «Mes idées sur le théâtre»... ce titre est presque de Claudel. Il dit bien surtout ce que sont ces textes : projets, suggestions, propositions toutes personnelles... Dramaturge, Claudel n'est jamais resté indifférent à la réalisation de ses oeuvres : il aimait à intervenir et, non sans irriter parfois ses metteurs en scène, prodiguait conseils et indications. Il s'intéressait aux problèmes techniques, inventait des mises en scène, imaginait des expériences dans les domaines de la diction, de la musique, du geste... Il en rêva quelques-unes, en réalisa d'autres. N'a-t-il pas écrit des ballets, des mimodrames, et, après Le Soulier de satin, libéré d'une certaine manière de son oeuvre dramatique, ces pièces dont chacune est une «expérience» : Le Livre de Christophe Colomb, Jeanne au bûcher, Le Festin de la Sagesse...? Il eût souhaité un «spectacle total», dans lequel la danse, la musique, le cinéma... auraient soutenu le poème.
    De sa correspondance, d'articles, de conférences..., il était aisé de composer un ensemble de textes ; choisis et présentés par Jacques Petit et jean-Pierre Kempf, ils sont groupés suivant un ordre chronologique qui souligne les goûts et les curiosités de Claudel. C'est bien un homme de théâtre qui y apparaît, ou plutôt un poète rêvant sur les possibilités du théâtre.

  • Inspirées par une haute pensée, les expériences de l'École du Vieux-Colombier procèdent d'un désir de retrouver la vertu fondamentale du Théâtre, qui n'est pas de divertissement mais de formation, morale autant qu'esthétique.
    Copeau tend à l'harmonie, à la communion dans la beauté. L'authentique n'est pas une valeur que l'on décroche, mais un idéal dont on tente de s'approcher. Le Patron ne nous a pas laissé une doctrine, une méthode que ses successeurs pourraient tenter d'appliquer ou d'adapter, mais l'exemple d'un combat qui, arraché an temps sans qu'il l'ait expressément voulu ni même pressenti, prend valeur pérenne.
    Les tâtonnements de ce microcosme symbolique nous racontent au quotidien l'histoire exaltante d'un rêve : comédiens, écrivains, poètes, retrouveront un jour, pense Copeau, " le vrai sens dramatique ".
    Qu'est-ce à dire, sinon que, débarrassés des artifices et des recettes, libérés de l'ankylose confortable des habitudes, ils s'approcheront enfin de l'émotion pure, celle qui nous laboure au tréfonds comme un frisson sacré ? Toute l'ambition de Copeau a tendu à " dépouiller le vieil homme ", à faire du comédien ce truchement éternellement fraternel que notre solitude appelle, capable, par la fulgurance d'un regard, d'une inflexion, d'un geste, de nous arracher à la meurtrissure de l'instant et, partant, d'alléger nos angoisses.
    Paradoxe des gens de théâtre véritables : ils travaillent dans l'éphémère à traquer la permanence.
    C'est leur misère et leur grandeur.
    C. S.

  • Le projet des « Registres », Jacques Copeau l'a envisagé souvent et en particulier dans les dernières années de sa vie. Homme de théâtre, il a voulu faire surgir de sa vaste expérience une plénitude de sens, une histoire ou plutôt le livre de sa vie. Non pas l'oeuvre d'un théoricien, mais la somme de ces « pratiques ». à sa mort en 1949, les « Registres » restèrent parmi ses legs une tâche à accomplir.
    À partir d'une matière première riche et variée, des journaux, mémoires, études et surtout d'innombrables notes qui touchent à toutes les questions du théâtre, une correspondance avec les écrivains et les artistes de son temps, Maria Inès Aliverti a su dégager le cheminement de Copeau à travers son oeuvre, redonnant à ses idées leur fraîcheur et leur force originelles. Elle s'est attachée dans son théâtre, dans son école, à montrer comment il s'est soucié de réinventer une dramaturgie fondée surtout sur la scène et l'acteur. Sans être figée dans la chronologie, tout en la respectant, elle n'a pas voulu présenter une histoire du Vieux-Colombier, pas plus qu'une biographie logiquement composée. Il s'agit pour autant de l'étude la plus complète et la mieux informée qui a été écrite sur les « copiaux » d'une grande clarté et d'une précision historique remarquable. Les six premiers volumes des « Registres » couvrent la période 1913 à 1924. Le volume VII se présente comme suit :
    - Les « copiaux » sur la côte et l'essor du théâtre provincial de Bourgogne (1925) - Le détour américain (1926-27) - De la Bourgogne à l'Europe (1926-29) Le volume VIII, en préparation, traitera les années 1929 à 1945.
    Édition de Maria Inès Aliverti

  • Jacques Copeau (1879-1949) n'a pas rédigé les Registres composés de notes et des textes les plus variés, entre autres des correspondances inédites, qu'il a gardés et collectionnés au cours de son existence. Assemblés sans commentaires ni textes de liaison, ils forment un recueil qui révèle le cheminement d'une existence passionnée, tumultueuse, souvent pathétique, et qui suit ainsi qu'il le dit lui-même, une «ligne inflexible». Au coeur du récit les étapes successives de l'histoire du théâtre du Vieux-Colombier fondé en 1913.

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