Est Tastet

  • Jeanne d'Arc

    Jules Michelet

    Dans l'ouvrage qu'il consacre à Jeanne d'Arc en 1841 et qui s'intègre au tome V de son Histoire de France, Michelet soulève la question qui sera fondamentale des qu'il s'agira, au dix-neuvième siècle, d'évoquer la personne même de Jeanne d'Arc. II élève le débat tout en s'insérant, comme Schiller, dans cette longue méditation sur l'exemplarité du sacrifice auquel la Pucelle fut soumise. Régine Pernoud a d'ailleurs, à notre époque, souligné l'importance de l'énigme historique que pose l'évocation de Jeanne la Pucelle l'image que nous possédons de l'héroïne est, c'est le moins que l'on puisse dire, soumise aux aléas du temps et des époques artistiques. Car Jeanne à l'étendard, le croquis de Clément de Fauquembergue, greffier an Parlement de Paris (1429) a été réalisé par quelqu'un qui n'avait pas vu Jeanne d'Arc André Malrauxa donc raison lorsqu'il s'exclame, dans la Commémoration de la mort de Jeanne d'Arc (1964) « ô Jeanne sans sépulcre et sans portrait, toi qui savais que le tombeau des héros est le coeur des vivants a tout ce pour quoi la France fut aimée, tu as donné ton visage inconnu ». Pour sa part, Michelet pane de « cette vivante énigme ». Et il s'efforcera avec beaucoup de subtilité de donner une consistance à « cette mystérieuse créature » , tout comme les peintres qui ont trace, aux cours des temps, un portrait de la Pucelle.
    Michelet (1798-1874) est « toute l'Histoire », comme l'a écrit Lucien Febvre. Il est le créateur de l'histoire moderne, et le dernier historien à être aussi un grand écrivain et un artiste visionnaire.
    Il ajoute à sa monumentale Histoire de France et à son Histoire de la Révolution française des essais structuraux, sur de grands thèmes comme la Femme, l'Amour, le Peuple, et d'autres encore.

  • Quatre poèmes puissants où les oiseaux sont de vrais oiseaux, à la fois familiers et irréductibles aux humains, par lesquels Marc Le Gros nous fait entrer dans un monde complexe et limpide, fait de langage. En relisant ces poèmes, je n'ai cessé de penser à une phrase que j'ai apprise de Jean-Marie Serreau, qui la tenait de Bertolt Brecht : « L'important c'est ce qui est devenu important » L'oeuvre de Marc Le Gros, trop souvent, passée sous silence, écartée des anthologies, à mesure qu'on la découvre et la redécouvre, ne cesse de prendre de l'importance, et il faut s'en réjouir.

  • Le Meurtre de Suzy Pommier. Durant la projection de son nouveau film, la jeune et ravissante vedette de cinéma, la prometteuse Suzy Pommier, s'éclipse. Les spectateurs restent pantois car, à la fin, cette dernière meurt étranglée par son amant dans la baignoire au cours d'une scène d'une rare violence. Dérangeant certes, mais le mauvais jeu de son partenaire demeure encore plus outrageant. On pourrait en rester là sauf que le lendemain matin, on découvre l'actrice, chez elle, étranglée...
    Dans sa baignoire ! Toute l'intrigue, ficelée de main de maître, entreprend de nous conduire rapidement vers le meurtrier. Ce serait sans compter sur un jeune inspecteur Hector Mancelle qui bravant sa hiérarchie, va finir par obtenir, à force d'obstination lucide, les aveux du véritable assassin. Emmanuel Bove possède la subtilité d'entraîner son lecteur en des méandres apparemment indistincts forgeant par la suite un discernement sans appel.
    Raskolnikoff. Comme une sorte d'hommage à Dostoïevski ouvrant la porte à la dubitativité... La Toque de Breitschwanz Ou autrement dit une voie toute tracée à des personnages oscillant entre pauvreté et richesse tels les protagonistes de ce roman policier signé en 1933 sous le pseudonyme de Pierre Dugast, roman subodorant des accents freudiens question sexualité et papier monnaie, deux obsessions au demeurant quotidiennes et planétairement partagées...
    Le cadavre d'une femme - disparue et recherchée - enterrée dans le jardin d'un pavillon de banlieue ouvre le bal aux investigations les plus fouillées nous emportant en une valse de découvertes toutes plus incroyables les unes que les autres sauf lorsque l'on connaît l'essence psychologique des ambitieux et celle plus enfouie des amours foudroyées. A travers un Paris bien défini tel le puzzle de la vie, le commissaire Croiserel (serait-ce un nom révélateur ?) s'adonne corps et âme afin de dévoiler les coupables - toujours au 36 quai des Orfèvres - à la manière d'un Hercule Poirot prenant le ton d'un Jules Maigret.

  • Le mur de Gainsbourg

    Samuel Veis

    Samuel Veis est le conseiller éditorial des éditions EST-Samuel Tastet Editeur où a été publié un premier volume de poèmes intitulé La Parole inanimée en 2002. Prépare un autre ouvrage L'L (Aile apostrophe Elle) à paraître en 2010. Plus de 17 livres en friche dont un ouvrage de phantom'graphies en noir et blanc sur le Jardin du silence au Palais-Royal à Paris et un autre consacré à Venezia la notte composé exclusivement de phantom'graphies couleurs dont nombre d'entre elle décorent l'Hôtel Venezia à Buracest.

  • Grâce au soin que met l'auteur à fouiller tous les aspects du passage d'une langue particulière dans une autre, cette étude possède une valeur exemplaire pour de multiples autres cas de transfert mettant en présence autant de langues que l'on voudra. En effet, dans la mesure où elle interroge à propos de deux langues choisies comme illustrations le détail le plus précis des problèmes qu'affronte l'entreprise de traduction, elle rencontre des aspects universels de cette entreprise, ce qui donne à ce travail, minutieux et très fouillé, une valeur de modèle pour tout traducteur.
    Il est certain que les lectrices et les lecteurs francophones, y compris, bien entendu, ceux du Québec, de Suisse romande, de Belgique wallonne, du Liban, d'Afrique du Nord et subsaharienne, et bien d'autres, même s'ils ne se sont pas jusqu'ici intéressés à la problématique de la traduction, devraient trouver un vif plaisir à cet ouvrage. Car ils y découvriront les aspects passionnants de l'activité traductrice, une des plus vieilles de l'histoire de l'humanité...
    Claude Hagège.

  • « Le mot golem ne figure qu'une seule fois dans la Bible (Ps 139, 16), et c'est de là que vient le sens talmudique du terme, « quelque chose d'inachevé et d'imparfait ». Selon l'usage philosophique médiéval, il s'agit d'une matière sans forme. Adam est appelé golem, au sens de corps dépourvu d'âme, dans une légende talmudique concernant les douze premières heures de son existence (Sanh., 38b). Néanmoins, bien qu'il fût dans cet état, il lui fut accordé de contempler toutes les générations à venir (Gen. R., 24, 2) comme s'il y avait dans le golem un pouvoir secret de comprendre ou de voir, lié à l'élément duquel il est tiré, la terre. » (Gershom Scholem) L'homme obéit à ses aspirations, aux bonnes et aux mauvaises ; c'est pourquoi il ne lui est pas possible de voir les choses secrètes qui existent en dehors de la réalité visible. Mais le Golem pouvait comme les animaux et les oiseaux, les démons et les esprits, voir les choses secrètes.

  • 110 jours de correspondance uniquement par courriels de deux filles et leur mère.
    Roman empreint d'esprit où la touche féminine n'est pas sans grâce de dire toutes sortes de révélations qui, sans cette dévotion dévorante à l'écran, ne verraient point le jour.
    Où Marseille et la Corse jouent un rôle charnière au coeur de relations humaines traversées de tumultes, et non des moindres.
    Trois Dames au clavier redonne au genre épistolaire non seulement ses lettres de noblesse mais d'autant et surtout le désir d'écrire ce qui ne se dit pas.
    Où quand l'écran de l'ordinateur, ce grand hypnotiseur qui envahit nos vies devient le nouveau confident et se substitue au psychanalyste !

  • Poème de la mort double

    Marc Le Gros

    Un recueil d'encres et de poèmes en trois parties sur l'homme et la mort. Tout en portant un regard souvent ironique sur l'existence humaine, l'auteur fait l'éloge de l'amour et de la vie.

  • Venezia la notte

    Samuel Veis

    82 Phantom'graphies. L'oeil plonge au ciel et lève au fond.

  • La réhabilitation du rêve

    Ion Pop

    La Réhabilitation du rêve propose - pour la première fois en France - une anthologie de l'« Avant-garde littéraire » roumaine. Des devanciers comme Urmuz, l'auteur des « pages bizarres », considéré par Eugène Ionesco comme « l'un des précurseurs de la révolte littéraire universelle », « frère spirituel de Jarry », et Tristan Tzara, futur chef de file de Dada, jusqu'aux surréalistes des années 40, ce livre rend compte d'un parcours riche en défis adressés aux traditions et aux conventions « bourgeoises » et en exploits novateurs. Des échos du futurisme et du dadaïsme, des engagements dans le sillage du constructivisme européen, des expériences insolites dans l'espace de la sensibilité surréaliste, se rencontrent dans une fertile et originale « synthèse moderne », portant l'empreinte d'un contexte socio-littéraire et artistique spécifique. Un milieu qui enregistre la présence de noms qui devaient s'affirmer aussi en France, de Tzara lui-même à Ilarie Voronca, Eugène Ionesco, Benjamin Fondane, Claude Sernet ou Gherasim Luca ; et, parmi les grands noms des arts plastiques, Constantin Brâncusi, Victor Brauner, Marcel Iancu, Perahim. Un riche « dossier » de documents - manifestes et textes programmatiques - introduit le lecteur dans les débats passionnés qui se sont déroulés dans les années 20-40. Un choix de textes - poèmes et pro

  • Les poèmes de Jean-Marcel Leduc sont des élégies empreintes d'une mélancolie dont la musique, paradoxalement, rassérène l'esprit habité par un sentiment d'abandon. Il y a des accents neufs puisque le poète est totalement offert à son oeuvre, il ne compose pas un livre : il le livre. L'auteur est un barde en perpétuel recommencement à chercher la note juste et parfois la graver, en l'écrivant. Cette écriture discrète enchante même si elle provoque à travers une lecture prononcée une sorte de léthargie, toutefois bienfaisante, si ce n'est dans le monde de la question. C'est peut-être cela une des clefs proposée par L'Ombre et son jour suivi de Chants enfouis. Maria Mikhaylova sait générer grâce à l'exercice maîtrisé de sa mine de plomb des images hautement audacieuses tant dans la composition que le résultat de l'expression.

  • « ... D'ailleurs, la corrida authentique n'a rien d'un « divertissement », c'en est même le contraire et s'il m'est permis à nouveau de convoquer ici l'auteur des Pensées je dirai que c'est à un pur huis-clos entre l'homme et lui-même que nous conduit, dans l'espace-temps d'une faena aussi réduite, aussi circonscrite qu'une marelle d'enfant, le rituel taurin. Pour quelques instants, dans cette fin de partie où son double lumineux s'apprête à tuer, alors que la muleta s'est immobilisée avant de frémir une dernière fois sur le sable et que la musique s'est tue, l'homme, au-delà cette fois de l'« ange » comme de la « bête » se retrouve enfin « seul dans sa chambre », une chambre mentale, noire, seul avec son destin... »

  • Femmes proustiennes

    Judith Oriol

    Judith Oriol renouvelle le paysage critique proustien en adoptant une démarche littéraire et culturelle pour étudier les femmes dans une oeuvre qui prend le contre-pied de la misogynie fin de siècle. Elle considère leurs relations et leur vie dans un monde où dominent les hommes, maris ou amants. Ce vaste projet englobe presque tous les thèmes de la Recherche puisqu'il touche à l'amour à l'amour filial, à la jalousie, au désir Gomorrhe, la mondanité, la mythologie, l'art, la question de la narration appellent d'autres analyses aussi importantes. Ce travail exclut tous les clivages habituellement mis en application pour caractériser le deuxième sexe les femmes aimées et les autres, les femmes du monde et les autres, les femmes maternelles et les autres. On étudie d'abord en quoi les femmes de la Recherche sont des personnages d'une poésie - la transformation poétique du matériau réel qui suggère une fantasmagorie de la Femme. On y montre ce qui, pour le narrateur fonde le mystère et le dédoublement féminins. Les femmes proustiennes sont ensuite montrées comme les personnages d'une mimesis - le reflet du réel. La femme dans le monde est l'actrice d'une comédie sociale, mais aussi d'une tragédie sexuelle, souvent gomorrhéenne. D'où un jeu de bascule entre un bien-être et un mal-être au féminin. Enfin, on les considère selon la semiosis - l'avènement d'un sens - en exploitant leur passivité en tant qu'«êtres- pour l'amour» même indépendants, et leur activité en tant qu' «êtres-pour-l'art». Dans ce livre très nouveau, où on apprend autant sur

  • Gris

    Gaston Criel

    Ou sont nos éclats, ou sont nos passions ?

  • Méchamment les oiseaux

    Sylvain Girard

    « On a compris que la modernité photographique, urbaine le plus souvent, des oiseaux de Sylvain Girard, n'est pas seulement un geste esthétique majeur, une belle signature plastique mais aussi un acte de courage car ils s'inscrivent à rebours de toute la tradition franciscaine des gentils, des jolis, des innocents oiseaux. Aucune sensiblerie chez lui. Pas de lamento. Pas de lyrisme. L'oiseau pour lui n'est pas un objet poétique au sens où Audiberti entendait le mot, et le méprisait ; il voulait parler de la poésie attendue, apprise, facile, sentimentale, celle comme il disait qui est de « l'ordre du chat, de la lune et du violon », celle qui relève de cette « poet-poeterie », dont avec son ami Georges Perros, goguenard et pouffant de rire, il se moquait gentiment. » (Marc Le Gros)

  • Eliade, l'ésoterique

    Marcel Tolcea

    "Cet essai s'attache à restituer le contenu ésotérique qui sous-tend l'oeuvre littéraire de Mircea Eliade (1907 Bucarest - 1986 Chicago). Il aborde en profondeur l'attraction de la pensée de René Guénon sur l'historien et écrivain roumain. Influence que l'on retrouve aussi chez Jean Paulhan, René Daumal, André Breton, Antonin Artaud... Il décrypte les diverses faces volontairement camouflées de sa pensée, notamment cette fameuse question quant à son appartenance au mouvement nationaliste antisémite «La Garde de fer», les dérives auxquelles ce dernier l'entraîna durant les années 30 et le déni, ensuite.

    Dans son analyse des trois ouvrages que sont Le Secret du docteur Honigberger, Forêt interdite et Les Dix-neuf roses, Marcel Tolcea revendique une éthique métaphysique où «La fiction dans la prose d'Eliade est semblable à l'épistémologie dans ses travaux scientifiques : si le mythe est une réalité vivante, si l'intégralité du cosmos vit, alors la réalité des phénomènes décrits est efficiente.» Une approche osée, rare et déterminée.

  • Cette évocation de la Première de Tristan et Isolde - telle une pierre rare sertie sur une bague au métal précieux - bien qu'écrit plus de trente années après, ainsi tout juste au début du XXe siècle, esquisse la fascination de ce que cette oeuvre particulière de Richard Wagner exerce depuis sur le public amateur d'opéra. L'auteur, jeune étudiant à Munich rencontre le compositeur qui le prend en affec- tion ainsi que le ténor Ludwig Schnorr de Carolsfeld dont Wagner affirmait à propos de son opéra aux harmonies torrentueuses, qu'il « disparaissait devant le chanteur - ou plutôt semblait contenu dans sa parole vivante ». Sont relatés aussi les rapports entre Louis II de Bavière, le compositeur et le ténor.
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  • Deux ans après la disparition prématurée du ténor Ludwig Schnorr von Carolsfeld (1836-1865), lors des répétitions de son opéra Les Maîtres-Chanteurs à Munich, Wagner publia cet hommage.
    Où il est question de la puissance de jeu de l'organe vocal du ténor et de l'épuisement en lequel celui-ci se trouva après quatre représentations de Tristan et Isolde. Mais aussi de ses interprétations dans Lohengrin : un véritable prodige selon le compositeur qui trouva un double dans l'interprétation de ses rôles démesurés.

  • Ainsi je croyais qu'un texte érotique me libérerait ou me révélerait tel est cependant le pouvoir des mots, même ceux que d'ordinaire on interdit nous ne saurions tout dire...

  • Pionnier de la critique de Marguerite Yourcenar, co-fondateur de la Société Internationale d'Études Yourcenariennes, Jean-Pierre Castellani réunit ici, pour le bonheur du lecteur, plusieurs travaux qu'il a consacrés au je de l'académicienne. Occasion, pour certains, de découvrir, pour d'autres, de redécouvrir, mais avec tout le plaisir et le profit du rapprochement, un parcours de recherches sur des oeuvres connues comme Alexis ou le Traité du vain combat, Mémoires d'Hadrien, ou sur d'autres comme Denier du rêve et Rendre à César qu'il a beaucoup contribué à tirer de l'indifférence de la critique.
    Trente ans après l'élection de Yourcenar à l'Académie française, voilà un ouvrage foisonnant et plein de vitalité, qui privilégie l'objet de l'étude plutôt que l'application de grilles mécaniques ou théoriques. Recherche et parcours existentiel ne sont jamais séparés. On perçoit ici l'unité d'une démarche, le ton d'un savoir enjoué, qui ouvre l'appétit pour une relecture de Yourcenar.

  • « ... André Breton n'était pas natif de Bretagne. Il la portait en lui comme on porte son étoile au front. C'était son Nord, ou son Ouest plutôt, la boussole mentale qui dirigeait ses pas. Il est difficile de ne pas penser qu'attaché comme il l'était à l'interprétation des signes et des "pétrifiantes coïncidences", il n'ait lu très tôt dans le hasard de son nom le lieu même de son destin. Une sorte de blason secret, nullement allégorique cependant ni abstrait, mais vivant au contraire à la manière de ces tropismes qui le fascinaient et dont le tournesol fut sans doute la grande figure emblématique... »

  • « ... Ce qui frappe surtout chez Lucie, ce qui fait que son histoire se démarque sensiblement des schémas connus, qu'elle émeut aussi comme aucune autre, c'est qu'elle ne se contente pas de traverser son martyre avec l'innocence et l'allégresse tranquille des justes, comme en marchant sur les eaux. Certes, on dirait qu'elle se joue comme un oiseau des lois de notre terre et de sa gravité. Comme d'ailleurs de sa laideur. Les textes à cet égard sont unanimes, tous font état de l'extrême beauté qui était la sienne... »

  • Sur Georges Perros

    Marc Le Gros

    « ... Oui, Perros c'est la modernité même au sens - mais c'est le seul possible - où l'entendait Baudelaire dans ses Salons. Il est devenu en quelques années une de nos grandes références littéraires, mais aussi - et je persiste à penser que les deux éléments sont indissolublement liés - morales. Dans un monde livré au médiatique, au spectaculaire, à la marchandise, il incarne un type d'écrivain qui dans la lignée de Villiers à Guerne en passant par Suarès et Péret et bien d'autres "ne mangent pas de ce pain-là". Mais chez Perros, aucun pathos, aucun héroïsme. Il n'y a jamais chez lui de quoi fouetter un chat... »

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