Jérôme Bonnetto

  • La femme et le robinet de cuisine de Paul Solveig fuient. Pour sa femme, il ne peut rien faire, pour le robinet, il appelle un plombier tchèque. Au cours de son intervention, ce dernier laisse échapper une ancienne photographie de sa mère, disparue dans sa Moravie natale pendant la période communiste. Cet étrange cliché, d'une grande beauté formelle fascine Paul. Son épouse partie, son robinet réparé plus rien ne le retient à Paris. Aussi le jeune homme quitte la France pour retrouver cette femme, avalée derrière le rideau de fer il y a plus de trente ans et l'artiste qui l'a ainsi immortalisée. Il atterrit alors dans la petite ville de Blednice, au coeur de la Moravie, pour poursuivre sa folle quête. Il croisera là-bas, une serveuse cinéphile, un artiste contemporain un peu en retard sur le contemporain, un ancien de la police politique entre autres personnages farfelus. Il va surtout découvrir un pays, une langue, des paysages. Le silence des carpes est un roman drôle souvent, aigre-doux parfois, mélancolique aussi. C'est surtout une magnifique ode à la République Tchèque, à sa culture, à son cinéma et à la folie de ses habitants. 

  • Ségurian, un village de montagne, quatre cents âmes, des chasseurs, des traditions. Guillaume Levasseur, un jeune homme idéaliste et déterminé, a décidé d'installer une bergerie dans ce coin reculé et paradisiaque. Un lieu où la nature domine et fait la loi. Accueilli comme une bête curieuse par les habitants du village, Guillaume travaille avec acharnement ; sa bergerie prend forme, une vie s'amorce. Mais son troupeau pâture sur le territoire qui depuis toujours est dévolu à la chasse aux sangliers. Très vite, les désaccords vont devenir des tensions, les tensions des vexations, les vexations vont se transformer en violence. «La certitude des pierres» est un texte tendu, minéral, qui sonde les âmes recroquevillées dans l'isolement, la monotonie des jours, l'hostilité de la montagne et de l'existence qu'elle engendre, la mesquinerie ordinaire et la peur de l'inconnu, de l'étranger. D'une écriture puissante, ample, poétique, Jérôme Bonnetto nous donne à voir l'étroitesse d'esprit des hommes, l'énigme insondable de leurs rêves, et l'immensité de leur folie.

    1 autre édition :

  • Un homme raconte sa trajectoire dans la ville qui l'a vu naître et le détruit au fur et à mesure qu'il prend conscience de l'abjection qu'engendre à ses yeux le seul fait d'y vivre, Déjà, à l'école primaire, ses camarades le surnommaient Le Dégénéré.

    Quel est le rapport entre la mort d'une jeune pianiste dans les environs de la Villa Paradiso et les réticences des employés de la mairie annexe à vous délivrer un passeport en règle, tandis que vous cherchez seulement à quitter la ville ? Quelle est cette ville que vous cherchez à fuir malgré son soleil presque aveuglant ? D'où vient que depuis des années vous mettez régulièrement à la disposition de Victor des gaufrettes qu'il avale en quantités astronomiques en vous tenant le discours le plus intolérable ? Et d'où vient que Victor s'en sortira toujours, tandis que vous, imperceptiblement, ne cessez de dégénérer ? Qu'est-ce qui pousse les hommes à haïr leur prochain ? Comment en êtes-vous arrivé là ? Et d'ailleurs, qui êtes-vous ? Est-ce vous qui dégénérez ? Ou bien est-ce le monde autour de vous qui se dérobe ?
    Le dégénéré est peut-être celui qui, perdu dans un no man's land dépourvu d'idéal, ne cesse de tourner sur lui-même en un tourbillon cruel, à l'image de cette langue, viscérale et pointilliste, qui tournoie dans notre tête jusqu'à y creuser, lentement, un trou qui est aussi une porte, une fenêtre, une issue.

  • Vienne le ciel

    Jerome Bonnetto

    La photographie au coeur de cet ouvrage sert de révélateur aux personnages qui en sont les protagonistes. Une rencontre au-delà de l'objectif.
    Mêlant de nombreuses voix narratives, comme autant de tesselles pour une mosaïque, c'est ce que réussit à faire Jérôme Bonnetto dans ce récit à la construction parfaitement maîtrisée. On y suit les pérégrinations d'un photographe et de celle qu'il prétend aimer au travers de l'objectif impitoyable de son appareil à capturer reflets et postures. Il faudra bien des voyages de Prague à Prague en passant par le Japon, bien des clichés souvent arrachés au cours des jours pour qu'apparaisse, toute douceur et toute fureur - femme, mère, amour - celle qui fait trembler la lumière, Ada.
    Ada qu'on ne peut qu'aimer. Sans preuve !

  • Destinés aux écrivains qui dessinent et aux plasticiens qui écrivent, chacun des livres de cette collection comporte des textes manuscrits, des dessins et des textes typographiés.
    Format italien : 28 x 20 cm

  • Claire et Jérôme se rencontrent autour de l'an 2000.
    Elle est écrivain... lui aussi. Mais Jérôme dissimule dans sa poche un compagnon gênant, témoin de toutes les histoires : son appareil photo. Et Claire se méfie beaucoup des appareils photos. Celui-ci est d'autant plus redoutable que, minuscule, il se dissimule partout, dans les chambres d'hôtel, les salles de bains, les trains, les cafés. Au fil des jours et des images, l'espion va s'immiscer dans le couple, subrepticement et tendrement, jusqu'à amadouer les soupçons, et apprivoiser la récalcitrante.
    Elle finira même par s'en emparer, le déclencher à son tour. Il deviendra alors la métaphore du lien amoureux qui unit le photographe et son modèle. Les images répondent aux textes pour raconter cette histoire, entre fiction et vérité, ces petites histoires du couple qui sont devenues les photobiographies.

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