Minuit

  • Rosie Carpe

    Marie Ndiaye

    La vie de Rosie Carpe commence à Brive-la-Gaillarde, entre son frère Lazare et ses deux parents Carpe qui sont encore, alors, dépourvus de toute espèce de fantaisie vénéneuse. Rosie conservera de Brive un souvenir confus et voilé de jaune, tandis que, pour son frère Lazare, le bonheur à Brive-la-Gaillarde gardera les couleurs d'un magnolia dont il est le seul à se rappeler la splendeur.
    Ensuite, à Antony, Rosie Carpe est adulte. Elle met au monde Titi, travaille, et doucement chavire.
    Quand Rosie Carpe débarque en Guadeloupe, elle a perdu depuis longtemps la maîtrise de ce qu"elle fait. Et tout ce qui lui arrive, enfant ou désastres, concerne tout aussi bien quelqu'un qui n'est peut-être pas elle.

  • Hilda

    Marie Ndiaye

    • Minuit
    • 19 Janvier 1999

    Mme lemarchand a besoin d'une femme de peine.
    Ce sera hilda. mais il lui faut aussi l'amitié d'hilda, toute la vie d'hilda, et l'illusion d'une égalité possible. comment supporter, sinon, d'être servie ?

  • Après l'été les parisiens désertaient les lieux de leurs vacances ensoleillées, ignorant tout du sort que l'automne faisait à la région qu'ils quittaient jusqu'à l'été suivant.
    Un automne brutal, puis un long hiver de vent et de pluie, mortel aux corps fragiles.
    Cette saison-là, inconnue et implacable, il fut imposé à herman de la découvrir.

  • En famille

    Marie Ndiaye

    Quelle faute Fanny a-t-elle commise ? De quoi est-elle coupable pour être ainsi rejetée par les siens qui ne paraissent pas, eux, la considérer comme des leurs ? D'ailleurs, se nomme-t-elle bien Fanny ? Que reproche-t-on à ses vingt ans ? Des amourettes, des insolences ? D'avoir séduit son cousin Eugène ou d'avoir quitté Georges, son fiancé, « qui lui ressemblait » ? D'avoir traversé quelque crise d'originalité juvénile ; d'être le « mouton noir&n bsp;» qui dérange toute famille ; d'être adoptée, peut-être, ou une « pièce rapportée », comme on dit ?

  • Papa doit manger

    Marie Ndiaye

    • Minuit
    • 12 Janvier 2003

    Papa est parti depuis si longtemps que personne n'espère plus son retour.
    Mais voilà que papa revient, voilà que papa exige de rentrer, sûr de son bon droit, dans la vie qu'il a fuie dix ans auparavant. qui aime encore papa ? qui peut prétendre avoir besoin de lui ? il a les apparences de la richesse et d'une jeunesse improbable. il resplendit d'un éclat peu commun à courbevoie. surtout, il sait ce qu'on lui doit, même si ce n'est pas justifié, et qu'on l'aime encore, qu'on l'aimera toujours.

  • Les serpents

    Marie Ndiaye

    • Minuit
    • 26 Janvier 2004

    Madame Diss a deux belles-filles, France et Nancy.
    Madame Diss n'a pas fait la route jusqu'à la maison de son fils, perdue dans les maïs, pour le feu d'artifice du 14 Juillet, mais pour tenter de lui emprunter de l'argent.
    Le fils de Madame Diss n'a aucune intention de sortir de la maison, aucune intention non plus de lui permettre d'y pénétrer. Seules France et Nancy ont le droit d'entrer et de sortir, quoique un nombre limité de fois. Car le fils de Madame Diss, tapi dans la cuisine et veillant férocement sur les enfants, est à l'affût de la moindre faiblesse.

  • Dans tous mes amis, un professeur tâche de comprendre pourquoi son ancienne élève a usé d'une telle volonté pour oublier l'enseignement qu'il lui a dispensé avec ardeur, et pour oublier, même, qu'il a été son professeur.

    La mort de claude françois raconte les retrouvailles de deux amies d'enfance, l'une restée d'une fidélité absolue à la mémoire du chanteur adoré, l'autre au souvenir de la beauté de son amie.
    Dans les garçons, un jeune homme sans qualités particulières essaye malgré tout de se vendre à n'importe quelle femme de la ville qui voudra de lui, comme cela s'est déjà fait dans le voisinage.
    Une journée de brulard est certainement la plus terrible journée dans la vie d'eve brulard, abandonnée sur les rives d'un lac enchanteur et poursuivie par des visions d'elle-même en jeune fille intransigeante.

    Révélation, ou comment une femme qui entreprend de se débarrasser de son fils au cerveau fêlé comprend à quel point il lui manquera.

  • Personne, je crois, n'a jamais porté sur la fameuse " crise de l'adolescence " un regard aussi aigu, aussi drôle, aussi sérieux que marie ndiaye.
    Peut-être parce que marie ndiaye a dix-huit ans et qu'elle devait en avoir seize lorsqu'elle a entrepris "quant au riche avenir", mais plus certainement parce qu'elle est déjà un grand écrivain : elle a trouvé une forme qui n'appartient qu'à elle pour dire des choses qui appartiennent à tous ; et dès lors nous les découvrons.
    Pierre lepape, la quinzaine littéraire, 1985.

  • La sorcière

    ,

    • Minuit
    • 12 Janvier 2003

    Lucie n'est pas une sorcière talentueuse.
    Ses deux filles, elles, se révèlent extrêmement douées, au-delà des prétentions et des espoirs de lucie qui n'aspirait qu'à en faire des sorcières efficaces. quant à la mère de lucie, son génie est absolu. mais qui sont les corneilles ? est-on plus libre, de prendre la place des oiseaux, leur forme et leur aspect, et d'imiter leur cri ?
    Marie ndiaye n'a pas trente ans. la sorcière est son sixième roman depuis quant au riche avenir, paru en 1985.
    Nulle trace chez cette jeune femme de torpeur neurasthénique ou de fièvre anxieuse. dès son premier livre, rédigé sur les bancs du lycée, elle s'est installée dans un univers bien à elle et qui ne doit rien à l'imitation d'un modèle ancien, ni à l'application d'une doctrine, ni à l'enseignement d'une école, ni à la soumission à une mode. elle a lu, sans doute, beaucoup ; l'extrême souplesse de sa langue ne trompe pas ; mais si elle s'est choisi des maîtres, bien malin qui pourrait dire lesquels tant elle les a assimilés à son propre usage et à sa propre invention littéraire.
    Marie ndiaye s'impose en premier lieu par son originalité ; elle a un propos et une voix qui ne ressemblent à rien de connu. (pierre lepape, le monde) qu'importe qu'elle soit ou non sorcière, cette lucie qui voit ses filles lui échapper, son mari fonder ailleurs un autre foyer ou ses parents vieillir d'une étrange manière ; c'est sa détresse qui nous touche, sa timidité qui nous émeut. mais marie ndiaye la virtuose ne veut pas jouer le jeu de l'émotion ordinaire, elle casse les pentes trop douces de la compassion, elle brouille les pistes, elle substitue le rire aux larmes.
    Et comme les plus grands écrivains, elle nous envoûte.
    (michèle gazier, télérama)

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