Gallimard

  • Me Susane, quarante-deux ans, avocate récemment installée à Bordeaux, reçoit la visite de Gilles Principaux. Elle croit reconnaître en cet homme celui qu'elle a rencontré quand elle avait dix ans, et lui quatorze - mais elle a tout oublié de ce qui s'est réellement passé ce jour-là dans la chambre du jeune garçon. Seule demeure l'évidence éblouissante d'une passion.
    Or Gilles Principaux vient voir Me Susane pour qu'elle prenne la défense de sa femme Marlyne, qui a commis un crime atroce... Qui est, en vérité, Gilles Principaux ?

  • Trois récits, trois femmes qui disent non.
    Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible. L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments.

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  • Un ancien commis de cuisine raconte la vie et la carrière de la Cheffe, une cuisinière qui a connu une période de gloire, dont il a longtemps été l'assistant - et l'amoureux sans retour. Au centre du récit, la cuisine est vécue comme une aventure spirituelle. Non que le plaisir et le corps en soient absents, au contraire : ils sont les instruments d'un voyage vers un au-delà, la Cheffe allant toujours plus loin dans sa quête de l'épure.

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  • Gabrielle s'apprête à monter l'escalier qui mène à son appartement. Elle est professeure de français à Royan. Elle sait que les parents de Daniella l'attendent sur le palier de son appartement, comme chaque jour, pour lui demander des comptes. Daniella était une de ses élèves, elle s'est jetée par une fenêtre du lycée. Au fil d'un monologue exalté et vindicatif, Gabrielle s'adresse aux parents de la jeune morte, repousse la culpabilité qui la ronge. Daniella lui écrivait sans cesse des lettres pour la prévenir de sa situation, lui dire que c'est pendant ses cours tout particulièrement que la cruauté des élèves se déchaînait contre elle alors que la professeure faisait mine de ne rien voir, continuant imperturbablement de jeter en pâture aux adolescents indifférents des vers sublimes de Marceline Desbordes-Valmore. Gabrielle s'emporte contre les parents, responsables selon elle d'avoir donné une éducation trop libre à leur fille ; elle s'en prend à Daniella, « sauvage, âpre et véhémente », « très éprise de son âme insolente », qui a selon elle forgé son propre malheur - elle vitupère, plaide sa cause : n'a-t-elle pas dû se battre elle-même contre sa propre mère ? n'a-t-elle pas été une jeune fille autrement plus courageuse que cette adolescente qui par certains aspects lui ressemblait tant ? « Sauvage, âpre et véhément » : tel est, à l'image de l'adolescente défenestrée, le ton de ce monologue enragé, où plane le sentiment d'une faute inexpiable, dont la narratrice se sent à la fois accablée et innocente. Comme toujours chez Marie NDiaye, une violence métaphysique se dégage des êtres et des situations, venue de si loin qu'il est impossible d'en déterminer la cause, qui n'a rien de la violence atrabilaire d'un Thomas Bernhardt car elle n'exclut aucunement l'amour, n'a rien de grinçant ni de ricanant - elle s'élève contre une injustice originelle indissociable, semble-t-il, de la condition humaine.

  • Ladivine

    Marie Ndiaye

    "Le chien tendit vers elle sa grosse tête au poil crasseux.
    Elle retint sa main par crainte de la vermine.
    Elle noya son regard dans le regard calmement éploré, calmement suppliant, et toute l'humanité et l'inconditionnelle bonté de l'animal docile lui

  • Trois pièces

    Marie Ndiaye

    Délivrance : Un exilé écrit à sa femme. Ses lettres se succèdent, dans lesquelles il la supplie d'aller voir ses vieux parents, réclame des nouvelles d'elle et de leur enfant...

    Berlin mon garçon : Marina part à Berlin chercher son fils qui s'y est fourvoyé. À son arrivée, elle est horrifiée par la laideur et la tristesse de la ville, malgré l'accueil de Rüdiger avec qui elle devra partager un appartement dans Corbusierhaus en vertu d'une loi nouvellement promulguée...

    Honneur à Notre Élue : Les habitants d'une ville parlent de leur élue, une femme extraordinaire.
    Elle est parmi eux, présence bienfaisante, très humaine même si on ne sait pratiquement rien d'elle, pas même son nom. L'Opposant tente de rassembler des arguments pour mettre un terme à son mandat, mais, comme tous les autres, il aime Notre Élue...

    On retrouve dans chaque pièce l'univers fascinant de Marie NDiaye, son art délicat qui entraîne le lecteur comme le spectateur dans une spirale sans fin vers les abysses de la conscience.

  • Nadia, la narratrice, est institutrice à Bordeaux dans la même école que son mari, Ange. Ils vivent leur profession comme un apostolat et en tirent une authentique félicité. Mais depuis quelque temps le couple est l'objet d'une vindicte générale, harcelante et inexplicable. Nadia tente de comprendre la nature du complot qui la broie, tandis qu'un brouillard épais ensevelit Bordeaux. Quelle faute a-t-elle commise, qui justifierait ses malheurs ? Pourquoi son fils s'est-il éloigné (d'elle Ange est-il vraiment son allié dans l'épreuve ? Et qui est ce voisin qui les accable de propos lénifiants, ce Noget qui s'impose peu à peu comme leur protecteur tout-puissant oe. Le roman de Marie NDiaye baigne dans une clarté crépusculaire. L'écriture étonne encore une fois par sa précision, sa retenue, sa profonde singularité. La douceur constante du ton, le caractère familier des épisodes qui se succèdent, l'enchaînement implacable et comme naturel des malheurs qui frappent la narratrice, mais aussi les fréquentes pointes d'humour et la cocasserie des situations plongent le lecteur dans le ravissement inquiet que font naître les contes.

  • Autoportrait en vert

    Marie Ndiaye

    Ma mère est une femme en vert, intouchable, décevante, métamorphosable à l'infini, très froide et sachant, par la volonté, devenir très belle, sachant aussi ne pas le désirer. Ma mère, Rocco et Bella, où en sont-ils à présentoe Je n'écrirai pas, eux non plus, jusqu'au jour où, peut-être, une lettre m'arrivera d'un lieu inconnu, accompagnée de photos d'inconnus qui se trouveront être mes proches à divers degrés - lettre dont, même si elle est signée "Maman ", je contesterai l'authenticité, puis que j'enfouirai quelque part où elle ne sera pas dénichée.

  • Comedie classique

    Marie Ndiaye

    Une tranquille matinée d'automne, un vendredi. Le narrateur s'éveille. Commence alors pour lui une comédie classique, avec son cousin Georges qui arrive de province, sa fiancée qui se jette dans les bras d'un triste don Juan, son roman, américain bien sûr, qui s'élabore, et les souvenirs qui l'assaillent - de l'oncle Charles, de la grand-mère Céleste. Et Maman qui doit épouser Hubert... Une fortune lui tombe du ciel, après résolution d'une ténébreuse affaire. Il est minuit. La comédie s'achève. Elle a l'originalité de ne couvrir qu'une seule journée de la vie d'un homme, et d'être écrite en une seule phrase.

  • Les grandes personnes

    Marie Ndiaye

    Deux couples : Eva et Rudy, Isabelle et Georges. Ils sont amis. Eva et Rudy sont riches et malheureux : leurs deux enfants, un garçon et une fille, ont disparu pendant des années, et voilà qu'ils reviennent. La fille ne leur a donné aucune nouvelle, elle a erré dans un no man's land anonyme, elle revient efflanquée, pleine de remords, peut-être est-elle morte. Le fils a quitté Eva et Rudy parce qu'ils n'étaient pas vraiment ses parents : ils l'avaient recueilli dans un orphelinat. Or il loge dans sa poitrine les voix de ses vrais parents, qui ne cessent de le harceler et de l'inciter à tuer ses parents adoptifs, raison pour laquelle il est parti. Isabelle et Georges, eux, n'ont qu'un fils, dont ils sont très fiers, et qui les aime au point de venir les voir chaque soir. Mais ce maître d'école porte un lourd secret : il a violé plusieurs de ses élèves. Le maître tente d'avouer ses crimes à ses parents, mais ils ne l'entendent pas. Lors d'une réunion de parents d'élèves, la mère d'un garçon vient leur annoncer que son fils a été victime du maître, mais là encore personne ne veut entendre la vérité. La mère essaiera de forcer le maître à demander pardon à sa victime, mais il s'évanouira dans l'air avant de l'avoir fait. Et l'on apprendra que si la fille d'Eva s'est livrée à l'errance, c'est parce qu'elle avait deviné que son père n'était pas Rudy, mais Georges. Chacun traîne son secret, et quand il parvient à l'avouer personne ne veut l'entendre. La pièce, d'une grande force, a quelque chose d'implacable et de féroce, malgré la douceur accablée des propos, et la fin suspendue nous laisse avec des regrets qu'on ne sait pas nommer. On retrouve ici l'univers familier de Marie NDiaye, ses ambiances inquiétantes et tourmentées, son humour grinçant par petites touches inattendues.

  • Marie NDiaye et Dominique Zehrfuss ont composé ensemble un livre rare et réjouissant, Vingt-huit bêtes : un chant d'amour, constitué du long poème écrit par la première et d'un bestiaire de 28 peintures réalisées par la seconde. Les vers de Marie NDiaye y répondent aux gouaches subtiles et oniriques de Dominique Zehrfuss, tandis que les couLeurs éclatantes et les mille et un détails des illustrations invitent à entrer dans le poème.
    Marie NDiaye y évoque l'amour enfui, le désir qui s'éLoigne, des paysages intérieurs en recomposition, et tisse sur le bestiaire peint de Dominique Zehrfuss un discours amoureux original et profond, à la fois intemporel et contemporain.
    Les deux oeuvres jouent ensemble, se façonnent et s'interprètent l'une l'autre dans un équilibre inattendu et saisissant.

  • Trois pièces.
    Deux écrivains, mari et femme depuis vingt ans.
    Un théâtre d'ombres et de voix étranges.
    Les lecteurs de Marie NDiaye retrouveront ici son univers inquiétant et familier.
    Ceux de Jean-Yves Cendrey, le ton grinçant et la violence crue de ses romans.

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