Jean-Paul Fitoussi

  • Nous sommes pris dans l'étau, sans réellement nous en apercevoir, d'une nouvelle langue. Langue qui par altération ou inversion du sens des mots impose insidieusement une pensée prédigérée et exclusive, à la manière de la novlangue de George Orwell dans «1984». Ce livre, plein de colère et même de fureur, est une enquête sur la novlangue d'aujourd'hui, à un moment où des faits d'une violence inouïe, nous rappellent à notre devoir d'expliquer dans une langue enfin vive et libre, pour ne pas devenir les jouets d'un destin que nous n'avons pas choisi.

    « La façon dont on nous parle des problèmes économiques, sociaux et même politiques nous laisse peu de chances de comprendre ce que l'on veut nous dire. Et encore moins les phénomènes qui nous blessent.
    L'invention d'une néo-novlangue est passée par là. Pourquoi nous répète-t-on à l'infini que le chômage est inadmissible pour finir par le laisser persister ? Pourquoi dit-on que le travail est notre avenir alors qu'on se garde, depuis longtemps, de le valoriser ? Pourquoi a-t-on, du moins en Europe, renoncé à utiliser tous les instruments de la politique économique pour se cantonner aux politiques dites structurelles, dont on finit par comprendre que leur objectif est de réduire la protection sociale ? Pourquoi accepte-t-on de voir croître démesurément les inégalités alors que l'on dit vouloir les combattre ?
    La langue que nous utilisons, à force d'être contournée, a transformé la réalité à laquelle nous sommes confrontés, jusqu'au déni de la souffrance. Elle est davantage manipulée par la doctrine qu'elle ne s'en sert. Il faut, si l'on veut revenir à une vision moins irénique, ou fataliste, du monde, déconstruire la novlangue pour reconstruire un langage dans lequel chacun se reconnaisse. Ce n'est qu'à cette condition que l'on pourra vraiment agir sur le monde et sur le destin des populations.
    Ce n'est qu'à cette condition que l'on pourra déjouer le piège politique que nous tend la novlangue et retrouver le chemin d'une démocratie moins fragile que celle qui nous enjoint à la résignation. »

  • L'économie aujourd'hui se réduit à ce qu'elle est capable de rationnaliser et donc d'éclairer. Elle n'est pas apte à prendre en compte ce qui la dépasse ou plus exactement ce qu'elle ne peut mathématiquement mettre en lumière : les approches sociales, humaines, environnementales. Prisonnière du « théorème du lampadaire », concept inventé par l'auteur, elle va de crise en crise. Un essai incisif qui propose des pistes éclairantes pour enfin affronter réellement la crise.

  • " ce livre fait de lui une figure libre de la pensée en même temps qu'un acteur incontournable du débat public.
    Car il fourmille d'idées originales, d'explications claires et pédagogiques, renouant avec la grande tradition des universitaires qui, de keynes à schumpeter, savent expliquer simplement, sans appareil complexe, des choses essentielles. " jacques attali, l'express " fitoussi n'est pas un keynésien banal, mais un keynésien moral. comme le keynes de la "théorie générale", il est fasciné par la capacité des classes dirigeantes à agir sans comprendre ou à ne pas agir lorsqu'elles comprennent.
    Ce keynésianisme est une révolte de l'intelligence contre la sottise et la lâcheté. " emmanuel todd, le point " la couronne de meilleur "économiste de france" mériterait-elle de changer de titulaire ? une maîtrise éblouissante de la théorie, une perception aiguë de la société, une inlassable quête des idées nouvelle. " alain mine, le figaro " le débat interdit oblige, sur tous les sujets qu'il aborde, à changer de perspective pour comprendre, au-delà des apparences, quels sont les vrais enjeux des politiques et des phénomènes économiques contemporains.
    " renaud de rochebrune, jeune afrique.

  • Aujourd'hui, le credo officiel des « progressistes » de tous bords (gauchistes, altermondialistes, etc) consiste à tenir pour évident le fait que l'économie de marché serait, par nature, ennemie de la justice sociale. De la même façon, les « libéraux » semblent convaincus que, bien souvent - toujours ? - la recherche de la justice sociale serait, à l'heure de la mondialisation, un obstacle à l'efficacité économique. C'est pour en finir avec cette « antinomie de la raison économique » que Jean-Paul Fitoussi a écrit ce texte, où il démontre avec vigueur et rigueur, la théorie suivante : pour lui, les sociétés les plus solidaires ne sont pas, au contraire, les moins performantes. Et il soutient donc que ce n'est pas l'ouverture des pays aux échanges internationaux qu'il s'agit de remettre en cause ( au nom de la « justice »), mais bien plutôt le discours de légitimation d'un capitalisme libéral (lequel considère la démocratie comme un obstacle au développement). Jean-Paul Fitoussi propose alors que l'on s'attelle à une tache urgente : penser, non plus l'opposition de l'économie de marché et de la démocratie, mais les conditions en vertu desquelles l'articulation des deux pourra se faire au bénéfice d'une réaffirmation des droits du politique, sous l'égide de ce qu'il appelle « la démocratie de marché ».

  • RAPPORT OFFICIEL COMMANDE PAR JACK LANG, MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, A JEAN-PAUL FITOUSSI, L'ECONOMISTE FRANCAIS LE PLUS STIMULANT D'AUJOURD'HUI, A PROPOS DE L'ENSEIGNEMENT DES SCIENCES ECONOMIQUES EN FRANCE.
    Jean-Paul Fitoussi est professeur des universités à l'Institut d'études politiques de Paris dont il préside le conseil scientifique, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et secrétaire général de l'Association internationale des sciences économiques. Il a enseigné dans des universités étrangères, en Europe et aux Etats-Unis, et a publié de nombreux ouvrages en diverses langues, dont Le Débat interdit (Arléa, 1995), et, avec Pierre Rosanvallon, Le Nouvel Age des inégalités (Seuil, 1996).

  • Jean-Marcel Jeanneney était un économiste rare, à la fois théoricien, empiriste et praticien. C'est son aventure à la tête de l'OFCE que ce livre raconte, ou plutôt qu'il laisse l'auteur lui-même conter au travers d'articles écrits depuis le premier jour de son premier mandat de Président de notre institution. Ce recueil s'ouvre sur une introduction qui rappelle l'attachement du fondateur del'OFCE au « libéralisme intellectuel », cette indépendance vis-à-visdes idées reçues qu'il jugeait indispensable à la conduite de politiques publiques raisonnables. Il est ensuite structuré en trois parties dont les titres font écho à une oe uvre marquante de Jean-Marcel Jeanneney : Vouloir le débat public en économie, Une mémoire au service de la prospective et Écoute le monde qui vient : intégration globale et unification européenne. Ce volume est unhommage à la mémoire de Jean-Marcel Jeanneney mais plus encore à sa présence. Les textes rassemblés ici par Jean-Paul Fitoussi et Éloi Laurent nous rappellent l'actualité des enseignements les plus précieux de Jean-Marcel Jeanneney : honnêteté, courage et espérance.

  • Pour Jean-Paul Fitoussi, le véritable débat économique, en Europe, est largement empêché, gâché par l'affrontement de deux dogmatismes également criticables : celui du marché, et celui de l'antilibéralisme obsessionnel d'une partie de la gauche. Pour Fitoussi, au lieu d'opposer l'un à l'autre, il s'agit de montrer à quel point ils sont liés par une consubstantielle complémentarité. C'est au nom des logiques fondatrices de la démocratie «un homme égale une voix» qu'il faut combattre l'hégémonie trop entière des logiques du marché «un euro ou un dollard égale une voix».
    Sur l'Europe et l'euro, dont il fut dès l'origine un farouche partisan, Jean-Paul Fitoussi s'alarme de voir prévaloir depuis des années une sorte de consentement tacite au chômage de masse, une rigidité budgétaire et monétaire dévastatrice, une «vulgate» à la fois désespérante et inefficace.
    De telles réflexions, à la fois provocantes, iconoclastes et réalistes, permettent de dépasser les oppositions binaires et caricaturales. En un mot, il ne s'agit pas de prôner une chimérique démocratie contre le marché, ce qu'il faut soutenir et promouvoir, c'est la démocratie avec le marché.
    Dans ces pages, qui sont la transcription de plusieurs libres conversations avec Jean-Claude Guillebaud, c'est à une réflexion sur cette difficile mais plus que jamais nécéssaire cohabitation que Jean-Paul Fitoussi nous invite. On comprendra en les lisant, et en lisant entre les lignes, qu'il y est d'abord et fondamentalement question de liberté de penser.Depuis de très longues années, l'audience de Jean-Paul Fitoussi dépasse de loin le cadre de l'Hexagone, et même celui de l'économie politique à proprement parler. Économiste reconnu et apprécié sur le plan international, président du très indépendant Office français de la conjoncture économique, il s'est fait connaître d'un large public, en 1995, en publiant Le Débat interdit aux éditions Arléa.

  • A l'heure de l'introduction de la monnaie unique dans l'espace européen, c'est d'abord à une visite guidée du bateau avant la traversée que ce premier rapport annuel invite. On comprend alors les raisons pour lesquelles les vertus européennes en matière de stabilité des prix et d'excédent extérieur continuent de s'accommoder du vice du chômage.

    Il passe ensuite en revue les stratégies économiques possibles et évalue les politiques susceptibles de mieux servir à la fois l'efficacité économique et la cohésion sociale. Il ressort clairement de l'analyse que notre marge de manoeuvre est beaucoup plus grande qu'on ne l'imagine et que l'euro peut être le vecteur d'une intégration sociale et politique réussie.

    Le rapport montre, en particulier, que dans le contexte de la monnaie unique l'Europe pourrait efficacement lutter contre le chômage si ses gouvernants s'affranchissaient de la conviction que le libéralisme est un horizon indépassable.

    Jean-Paul Fitoussi, professeur des universités à l'Institut d'études politiques de Paris, est président de l'Observatoire français des conjonctures économiques. Ce livre est issu des travaux d'un groupe de réflexion qu'il a animé, dont chacun des membres a pris la plume : Catherine Bruno, Jérôme Creel, Alexis Dantec, Pascal Delisle, Jacky Fayolle, Catherine Fuss, Réjane Hugounenq, Jacques Le Cacheux, Catherine Mathieu, Frédéric Zumer.

  • Un an après la création de l'euro, ce rapport prend à bras le corps les problèmes structurels et institutionnels auxquels l'Europe est confrontée. À commencer par la nécessité de se doter de véritables instruments de puissance pour mettre en place une régulation efficace et cohérente. Si la question reste posée de savoir s'il existe aujourd'hui une doctrine européenne, le processus d'intégration rend nécessaire en tous cas la prise en compte de l'évolution de la politique industrielle et de la concurrence, des transformations de la notion de service public, de la diversité des marchés du travail, de la difficile convergence entre les régions, ainsi que du problème des stratégies d'élargissement de l'Union européenne. Tels sont les différents dossiers présentés ici.

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    Jean-Paul Fitoussi, professeur des universités à l'Institut d'études politiques de Paris, est président de l'Observatoire français des conjonctures économiques. À l'instar du précédent Rapport (1999), qui proposait un état des lieux de l'espace européen à l'aube du lancement de la monnaie unique, ce livre est issu des travaux, au sein de l'OFCE, d'un groupe de réflexion animé par Jean-Paul Fitoussi, dont les études ont été coordonnées par Jacques Le Cacheux : Renaud Dehousse, Jacky Fayolle, Anne Lecuyer, Olivier Passet, Bruno Ventelou.

  • Les gouvernements d'Europe ont décidé, dans le cadre du marché unique, d'ouvrir à la concurrence leurs marchés nationaux. EDF, ainsi que l'ensemble des entreprises françaises relevant du secteur public, doivent donc s'adapter à cette réalité. Mais comment faire en sorte que cette mutation ne s'opère pas au nom de l'ultralibéralisme, et que les usagers du service public comme les producteurs y trouvent leur compte ?

    Tel est le propos de cet ouvrage, dont l'objectif est de définir les modalités de l'implication nécessaire de l'Etat et celles d'un nouveau type de gouvernance d'entreprise dans un secteur où les erreurs de régulation peuvent avoir des conséquences dramatiques, comme l'a montré encore récemment la panne d'électricité en Amérique du Nord. Mais qu'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit pas pour Jean-Paul Fitoussi de proposer un banal compromis entre la logique du marché et celle du service public. La thèse qu'il défend et illustre ici avec brio est en effet que la double ouverture à laquelle il est nécessaire de procéder (celle des marchés et celle, partielle, du capital de l'entreprise publique) offre de nouvelles opportunités pour faire progresser à la fois le service public et l'entreprise elle-même. Et qu'il dépend de l'intelligence de la réforme et des nouvelles règles du jeu que ces opportunités se révèlent profitables. Autrement dit encore, l'« entreprise du troi-sième type » (ni d'Etat, ni privée) que l'auteur propose de bâtir à EDF et ailleurs ne se justifie pas principalement par les contraintes que l'Europe introduit, mais par le souci de l'intérêt général - la prise en compte de l'aspiration au développement durable, à la transparence en matière de gestion, à l'amélioration du service rendu aux clients usagers.

    Jean-Paul Fitoussi est professeur des universités à l'Institut d'études politiques de Paris dont il préside le conseil scientifique, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et secrétaire général de l'Association internationale des sciences économiques.

  • L'OFCE, la SOFRES et Le Monde ont décidé de s'associer afin, au moins deux fois par an, de réunir leurs analyses de la situation économique et budgétaire de la France. Fin janvier 2004, une première table ronde sera organisée autour des questions conjoncturelles, mettant en avant aussi bien les prévisions de l'OFCE que les choix budgétaires gouvernementaux, la série de baromètres de la SOFRES qui sortent à cette période et les analyses du journal Le Monde. C'est cette somme de connaissances et d'analyses que le premier poche essai de cette série mettra à la disposition du lecteur dès le début avril.
    La manifestation s'articulera autour des interventions de Jean-Paul Fitoussi, président de l'OFCE (comportement des ménages, reprise ou non de la consommation, épargne, confiance en l'avenir), Brice Teinturier (les baromètres sur le climat économique et social réalisés par la SOFRES) et Laurent Mauduit ou Edwy Plenel pour la rédaction du Monde. L'idée est de mettre en perspective ces analyses par rapport aux discours économiques des responsables gouvernementaux.

  • Le retour de la croissance européenne après 1987 avait surpris par son ampleur mais, en l'espace de trois ans, le discours a basculé du thème de la sortie de crise à celui de la déflation, au point que certains agitent le spectre de 1929. Sans doute, l'ouverture et la déréglementation des économies occidentales ont-elles accru leur caractère cyclique. Cet ouvrage fait le point sur ce qu'un cadre de réflexion cyclique peut apporter à la compréhension des évolutions économiques. Dans sa première partie, il rappelle les développements théoriques qui fondent la description des comportements cycliques. La seconde partie expose les instruments des conjoncturistes et les confronte à ceux des économètres. La troisième s'emploie à caractériser les phénomènes cycliques les plus robustes à l'expérience. Le lecteur trouvera ici les conceptions qui fondent les diagnostics de l'OFCE. Le fait de les avoir explicitées devrait permettre à chacun de bien les critiquer pour mieux les approfondir. Tel est notre principal objectif.

  • Le retour de la croissance européenne après 1987 avait surpris par son ampleur mais, en l'espace de trois ans, le discours a basculé du thème de la sortie de crise à celui de la déflation, au point que certains agitent le spectre de 1929. Sans doute, l'ouverture et la déréglementation des économies occidentales ont-elles accru leur caractère cyclique. Cet ouvrage fait le point sur ce qu'un cadre de réflexion cyclique peut apporter à la compréhension des évolutions économiques. Dans sa première partie, il rappelle les développements théoriques qui fondent la description des comportements cycliques. La seconde partie expose les instruments des conjoncturistes et les confronte à ceux des économètres. La troisième s'emploie à caractériser les phénomènes cycliques les plus robustes à l'expérience. Le lecteur trouvera ici les conceptions qui fondent les diagnostics de l'OFCE. Le fait de les avoir explicitées devrait permettre à chacun de bien les critiquer pour mieux les approfondir. Tel est notre principal objectif.

  • Le rapport annuel de l'OFCE, publié sous la direction de Jean-Paul Fitoussi, intervient en une année décisive pour l'Europe. Trois gros enjeux y sont débattus : Quelles sont les perspectives économiques dans une Europe à 450 millions d'habitants ? Voter oui, voter non au référundum de ratification de la Constitution européenne ? Que penser de l'élargissement à vingt-cinq Etats et de la candidature de la Turquie ?

  • L'histoire de la croissance française depuis le milieu des années soixante-dix est celle d'une décélération continue, accompagnée d'une augmentation presque aussi continue du chômage.
    Dans leur rapport, Olivier Blanchard et Jean-Paul Fitoussi montrent que ces évolutions résultent de trois causes distinctes mais interdépendantes : un ralentissement de la croissance de la productivité potentielle, à partir du milieu des années soixante-dix, qui s'observe également dans la plupart des pays industrialisés ; une augmentation du chômage d'équilibre ; une insuffisance de la demande globale, depuis le début des années quatre-vingt-dix, qui correspond à une augmentation de la composante keynésienne du chômage.
    Ils analysent ensuite les conditions de croissance qui permettraient d'abaisser de cinq points en cinq ans le taux de chômage, et les politiques qui pourraient y contribuer. Ce rapport est commenté par Edmond Malinvaud et Gilbert Cette. Des compléments annexes de la DARES, la Direction de la Prévision, l'INSEE et l'OFCE apportent des éclairages sur les perspectives macro-économiques à moyen terme, le contenu en emploi de la croissance, la croissance potentielle, et l'impact sur l'emploi de la politique de réduction du temps de travail.

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